Il a été chargé par le président de la république de participer à ce forum : Attaf à Riyad pour plaider la sécurité énergétique

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Attaf en Arabie Saoudite

Par Djilali B.

Les questions énergétiques ont été au centre des récentes préoccupations dans le monde et à l’origine, dans le cas de certains pays, de conflits et occupation militaire comme le cas de l’Irak.

Les pays producteurs de pétrole et de gaz, principales ressources énergétiques, ont été depuis longtemps victimes d’orchestrations et de manœuvres malveillantes dans le but d’assouplir, au risque de perdre en termes d’intérêts, leurs positions commerciales.

Les enjeux sont grands, comme l’a prouvé la guerre en Ukraine, où les intérêts géostratégiques mis en avant, conjoncturellement, ont montré leurs limites devant la prédominance du marché énergétique dans la vie des nations, et dont la sécurité a été finalement assurée par les pays producteurs, essentiellement du sud, pour approvisionner l’Europe quasiment en «détresse» énergétique après la rupture des contrats avec la Russie.

Cette espèce de ressac, pour utiliser un terme maritime, est encore à l’ordre du jour, en raison de la poursuite de la guerre en Ukraine, mais aussi de l’escalade au Moyen-Orient avec la guerre d’Israël contre Ghaza et la règle introduite par les houthis dans la mer Rouge.

Longtemps pressés par les marchés et les puissances occidentales dépendantes des sources énergétiques situées globalement dans le sud, les prix étant fortement plus attractifs, les pays producteurs, conjoncture oblige, se sont finalement penchés sur leurs propres intérêts pour les défendre.

Il est particulièrement remarquable comme les pays producteurs de pétrole et de gaz, sous une double pression de la consommation interne et externe, ont commencé à opérer une mutation pour diversifier leurs sources de production de l’énergie afin de garantir la sécurité énergétique des pays importateurs, particulièrement ceux de l’Europe, tout en maintenant un équilibre de la consommation interne. Une équation que les pays producteurs, réellement garants par ailleurs, de l’approvisionnement de l’Europe, à l’instar de l’Arabie saoudite, de l’Algérie ou encore du Qatar, ont résolue. L’union européenne a d’ailleurs salué cet effort qui lui a épargné un hiver trop frais.

Elaborer des solutions communes

C’est dans le cadre de la concertation, des discussions entre les pays producteurs et dans la perspective de diversification des sources d’énergie que le président de la République a chargé le ministre des affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger de prendre part à la réunion spéciale du forum économique mondial qui se tiendra dans la capitale saoudienne, aujourd’hui et demain, a indiqué un communiqué du ministère. La réunion n’est pas une simple rencontre, à en croire le document. Il s’agit d’une rencontre spéciale, intitulée «coopération internationale, croissance et énergie pour le développement». Une thématique importante qui portera d’ailleurs sur «l’examen des différentes questions et évolutions économiques mondiales dans l’objectif de promouvoir une coopération internationale multipartite pour élaborer des solutions communes face aux différents défis sécuritaires, de développement et environnementaux», est-il indiqué dans le communiqué. Il s’agit de défis, devrait-on le reconnaître, que seuls les pays du sud s’efforcent de respecter, les pays occidentaux, de manière plus générale, étant essentiellement occupés par leur approvisionnement en produits énergétiques, comme le montrent d’ailleurs, à titre illustratif, les pressions exercées sur les pays exportateurs de pétrole.

Et aussi, partant de ce postulat que l’envoyé du président de la République va participer à une session de discussion sur «les dynamiques géopolitiques et les conséquences de la transition énergétique», où il présentera «le rôle de l’Algérie et sa contribution à la promotion de la sécurité énergétique dans son environnement euro-méditerranéen», précise le communiqué. Tout un programme !

D.B.