Il a été commandant de la 2e BB à Suez et à Tindouf : Ces facettes méconnues de la vie de feu Nezzar

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PA AMAR R.

Il est des facettes de la vie de feu le général-major Khaled Nezzar que peu de monde connait. Ancien moudjahid, Khaled Nezzar a marqué l’histoire de l’Algérie, avant l’indépendance du pays et après, puisqu’il a été commandant de la 2e Brigade
portée de l’ANP en Égypte lors de la guerre de 67 puis en 68-69, contre Israël, et aussi participé à la mobilisation de l’ANP à Tindouf dans le contexte de la bataille d’Amgala II.
Il a rejoint l’Armée de libération nationale (ALN) en 1958, et deux années après le recouvrement de l’indépendance nationale, soit en 1964, Khaled Nezzar rejoint l’académie militaire Frounze en URSS puis, en 1975, l’Ecole de guerre de Paris. L’ancien moudjahid Khaled Nezzar avait dû reprendre les armes ensuite, en commandant la 2e Brigade portée de l’ANP en Égypte lors de la guerre de 67, puis en 68-69, contre Israël.

Dans « Le recueil des mémoires du général », il raconte les péripéties de deux nombreuses batailles auxquelles il a participé. L’une d’elles, lorsque les Israéliens qui avaient multiplié sur nous les raids ont lancé une vingtaine d’appareils d’attaque au sol de type Skyhawk, Phantom et Mirage », dit-il, ajoutant : « Les servants de la DCA algérienne issue des rangs de l’ALN démontrent ce jour-là qu’ils n’ont rien oublié de ce qu’ils ont appris pendant la guerre de Libération nationale. Les avions israéliens rendus circonspects par l’efficacité de nos tirs laissent tomber leurs bombes loin dans le désert ».

L’échec de cette tentative d’attaque a valu au groupe de la DCA algérienne les félicitations de tous ses voisins commandants d’unités égyptiennes, palestiniennes et soudanaises, ainsi que du chef de la 2e armée égyptienne, indique le général Nezzar non sans susciter la fierté devant tant de faits durant lesquels les Algériens ont démontré leurs capacités tactiques et leur courage. Il a évoqué aussi la séquence durant laquelle  » un commandant de la batterie de la 134e égyptienne et certains de ses hommes sont blessés, et ce qui l’incita ce jour-là à intervenir en dépêchant le commandant de la compagnie de reconnaissance de sa brigade de prendre un véhicule et d’aller l’intensité des feux chercher les secours. Deux heures plus tard, les blessés sont à l’abri à l’infirmerie, pansés et soignés ». Un fait qui a suscité aussi la reconnaissance des Egyptiens.

Le défunt évoque aussi le bilan mensonger des pertes de nos unités par la propagande de l’adversaire qu’il évalue à une centaine de morts dont le chef de la brigade algérienne qui avait été donné pour mort lors de l’attaque, avant de rappeler avoir rassuré que les
informations données par les Israéliens sont de la pure propagande, et que « si pertes il y a, il faut les chercher dans les rangs de l’ennemi ». Selon lui, les unités algériennes ont participé à toutes les activités opérationnelles qu’elles soient antiaériennes, de bombardement, d’artillerie et de chars, avant de citer les activités qui leurs ont été assignées, notamment le déversoir, le réservoir d’eau qui alimente un tronçon de la ligne Barlev, et les blindés qui bougent sans arrêt à la jonction entre les deux armées nous exécutons aussi des tirs éclairants ».

L’expérience de Suez au service de Tindouf

Dans la quatrième partie, tome 1 de ses  » Mémoires « , le général Khalid Nezzar, ancien chef d’Etat-major, a fait état de sa mobilisation, à Tindouf, mettant à profit son expérience égyptienne pour résoudre les multiples défis auxquels avait fait été confrontée l’armée algérienne, au plus fort moment de la bataille d’Amgala II ayant mis aux prises, le 14 février 1976, les Sahraouis à l’armée marocaine pour le contrôle de cette ville mais à laquelle n’a pas participé l’Algérie. L’ancien CEM de l’ANP et ministre de la Défense nationale aurait aussi joué un rôle prépondérant auprès du défunt le roi Hassan II afin de l’obliger à extrader Abdelhak Layada, l’un des terroristes fondateurs du GIA, abrité
par le régime alaouite non loin du palais royal de Salé.

A. R