Imad Idris, responsable au ministère de l’Agriculture : «L’abattage des vaches laitières sera sévèrement puni»

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/Invité de la rédaction de la Chaîne III, le directeur des services vétérinaires au ministère de l’Agriculture et du développement rural a reconnu que le gel des importations de poudre de lait a permis de mettre à jour le fichier des importateurs.

Pour Imad Idris, cette halte de plusieurs mois a, aussi, permis de créer une plateforme pour recevoir leurs dossiers de demande de dérogations en vue de l’établissement d’autorisations d’importations le jour même pour améliorer la traçabilité. Le représentant du ministère de l’Agriculture fera remarquer que des revendeurs de pièces détachées s’étaient érigés en importateurs de poudre de lait ! Pour rappel, le gouvernement a annoncé, la semaine dernière, la levée du gel des importations de la poudre de lait. Mais l’invité de la rédaction précisera que «le gel n’a jamais touché l’Office National Interprofessionnel du Lait qui n’a pas arrêté les importations. Il n’y a, donc, pas eu de manque sur le marché puisque l’ONIL assure 48% des importations», affirmera le responsable qui rappelle qu’il existe trois catégories d’importateurs : l’ONIL qui approvisionne quelques 130 laiteries privées et les 15 laiteries publiques du Groupe Giplait, les importateurs transformateurs et les importateurs revendeurs.

Mieux encore, le directeur des services vétérinaires au MADR révèlera que durant ce gel, «plusieurs quantités de poudre de lait qui étaient en souffrance au niveau du port, et qui occasionnaient des surestaries au trésor public, ont été débloquées et mises sur le marché».

«800 millions litres de lait cru récoltés pour une production annuelle de 3,5 milliards de litres»

L’occasion pour le directeur des services vétérinaires de rappeler que  «l’Algérie a importé entre 400 et 500 mille tonnes de poudre de lait, en 2020, pour une facture d’1,2 milliard de dollars. Les importations de l’ONIL couvrent près de 48% de cette quantité. Le reste est réparti entre les importateurs transformateurs et les importateurs revendeurs». Mais le plus paradoxale est que 3,5 milliards de litres de lait cru sont produits chaque année, et seulement 800 millions de litres sont récoltés.  Et malgré les mécanismes d’incitation pour les producteurs de lait cru d’augmenter leur production, la collecte de lait cru peine à atteindre les 800 millions de litres au moment où la production avoisine les 3,5 milliards de litres/an. Et c’est dans ce sens que Imad Idris annonce, qu’à travers la nouvelle politique sectorielle, le ministère de l’Agriculture compte encourager davantage la collecte de lait cru et sa transformation. «Nous avons prévu un programme spécial en 2022 pour accroitre la production du lait cru à travers l’importation de vaches laitières pour repeupler les bâtiments d’élevage qui sont pratiquement vides» révélera-t-il. Et d’ajouter que pour y arriver, «le ministre a donné des instructions fermes pour lutter contre l’abattage des femelles». Imad Idres annonce, ainsi, que cette pratique sera, désormais, sévèrement punie : «Les contrevenants à l’interdiction d’abattre les femelles seront poursuivis au pénal», dira-t-il en insistant sur le nécessaire repeuplement des troupeaux en recourant «à l’importation et aux pépinières de génisses locales».

Le directeur des services vétérinaires enchainera sur un programme d’insémination «ambitieux» que le ministère de l’Agriculture compte, également, lancer, dans la mesure où il s’agit «d’introduire la vêle entre 12 à 18 mois».  

Autre mesure non moins négligeable, le ministère de l’Agriculture compte «obliger les éleveurs à assurer le cheptel, notamment contre la mortalité», indiquera le responsable en précisant que cela permettra d’assurer une meilleure traçabilité de tous les cheptels.

B. A.