Importation de matériel informatique et électronique : Le GAAN qualifie de «très pesants» les nouveaux tarifs douaniers 

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/La «forte imposition» douanière sur «l’importation» du matériel informatique et électronique a fait réagir le Groupement des acteurs algérien du numérique (GAAN) qui qualifié les nouveaux tarifs douaniers de «très pesants».   

Selon le vice-président du Groupement, Omar Ali Yahi, cette nouvelle imposition est «exorbitante» et constitue une entrave au développement du secteur du numérique, qui devait être une priorité pour le gouvernement durant cette période de relance économique. C’est une mesure qui «nous mènera dans l’impasse. Ces nouvelles impositions n’existent dans un aucun autre pays dans le monde. Pourquoi en Algérie on applique des tarifs douaniers de 300% pour certains produits informatiques, alors que les autres pays appliquent un taux d’imposition de 10 à 15%!» s’interroge-t-il. Selon ce dernier, avec les nouvelles dispositions douanières, tout le monde sera «pénalisé». «Acteurs du numérique, enseignants universitaires, chercheurs et étudiants se trouvent aujourd’hui dans l’obligation de passer par les boutiques en ligne pour l’achat de produits informatiques dont ils ont besoin en raison du manque important sur le marché», affirme-t-il.  Pour le GAAN, la mesure protectionniste du marché nationale est «compréhensibles», mais elle ne doit pas «compromettre tous le travail qui est fait jusque-là pour le développement du secteur du numérique». Il aborde dans ce sens, non seulement la question de la flambée des prix du matériel informatique et électronique, mais aussi le manque de ces produits sur le marché national, depuis les premières mesures instaurées dans la loi de finances 2020. «Aujourd’hui, avec les nouveaux tarifs douaniers, les prix du matériel informatique et électronique vont connaître une augmentation jamais vue», explique notre interlocuteur. «Une situation qui n’est pas en faveur du développement du secteur. Nous avons, déjà, contacté en 2020 les services du Premier ministère pour résoudre cette «lacune», mais en vain», déplore-t-il, avant d’ajouter : «Avec la mise en application de cette nouvelle imposition douanière, la situation du secteur du numérique se compliquera davantage. Il faut rappeler que cette décision n’est pas compatible avec les orientations du président de la République qui a déjà ordonné l’accélération de la prise en charge des besoins du secteur», explique-t-il                          

Las douanes s’expliquent

Pour les services des douanes, le taux d’imposition sur les produits importés par voie postale ou messagerie, est «presque similaire» à celui imposé aux «importateurs», affirme Salim Saci, directeur de recouvrement à la direction générale des douanes. Selon ce dernier, cette mesure vise à la régulation du marché des achats en ligne que certains acteurs utilisent sous forme d’«importation déguisée».  «Elle est essentielle pour réguler le marché et mettre un terme à l’importation de ces produits par des acteurs qui ne disposent pas de registre du commerce», explique-t-il. Pour rappel, les services des douanes affirment avoir recouru à l’application de ces nouveaux tarifs douaniers début de l’année courante pour faire face à cette situation «qui est devenue inquiétante». Parmi les mesures prises dans ce sens, la sur-taxation des produits importés via les services de messagerie, avec un taux d’imposition allant de 60 à 133%.

  1. B.