Industrie pharmaceutique : Un objectif de 17 millions de dollars d’exportations en 2024

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L’industrie pharmaceutique a connu ces dernières années une véritable relance, soutenue par un tissu d’entreprises solide et hautement qualifié, qui promet une forte croissance en termes de production et d’exportation à l’avenir.

PAR NABIL M.

CETTE PERFORMANCE a été mise en avant par le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, à l’occasion d’une séance plénière consacrée aux questions orales au Conseil de la Nation, en présence de membres du gouvernement, lors de laquelle il a exposé la stratégie de son secteur pour le développement de la filière des industries chimiques conformément aux objectifs du gouvernement. Une stratégie qui repose essentiellement, selon le ministre, sur l’examen des ressources disponibles et les tendances du marché pour répondre aux besoins nationaux et internationaux en la matière.

Assurant que l’Algérie possède tous les atouts pour développer cette industrie, M. Aoun a évoqué l’exemple du développement de l’industrie pharmaceutique, qui a permis à l’Algérie, selon lui, de devenir l’un des principaux producteurs de médicaments en Afrique, avec pas moins de 203 sociétés exerçant dans ce domaine, couvrant ainsi 70% des besoins du marché national en produits médicaux. Chiffres à l’appui, M. Aoun a en outre fait savoir que les exportations de l’Algérie en matière de produits pharmaceutique avaient atteint 12,6 millions de dollars en 2023, et devraient atteindre 17 millions de dollars en 2024. L’Etat œuvre ces dernières années à encourager les opérateurs du secteur pharmaceutique à investir les marchés internationaux du médicament, en mettant toutes les chances de leur côté pour faciliter les opérations d’exportation, surtout que le produit algérien répond aux normes internationales du fait que les médicaments locaux sont d’une qualité irréprochable, ce qui leur permet d’être compétitifs, notamment pour les formes sèches. En plus des pays africains, l’Algérie pourrait bientôt exporter ses produits pharmaceutiques
vers les pays du Golfe de l’Asie et même de l’Europe.

Aoun : «La pétrochimie, un secteur stratégique par excellence»

Outre le secteur pharmaceutique, M. Aoun a affirmé que les premiers fruits de cette politique de l’industrie chimique qui s’appuie également sur la diversification de la production et l’investissement dans la recherche et le développement pour davantage de compétitivité à l’international sont notables également dans le domaine de l’industrie du plastique, de la peinture industrielle, des détergents, des cosmétiques et d’autres produits, où notre pays est « passé d’importateur à autosuffisant ou exportateur », a-t-il souligné.

Il a précisé, à cet égard, que son secteur a commencé effectivement à développer la filière des industries chimiques pour répondre à davantage de besoins nationaux et internationaux et réduire la facture d’importation des produits chimiques de base. Sur sa lancée, M. Aoun n’a pas manqué d’assurer l’importance des industries pétrochimiques, estimant qu’elles représentaient « un secteur stratégique par excellence » aux côtés des secteurs de l’industrie et de la production pharmaceutique et de l’énergie et
des mines. Il a rappelé, dans ce cadre, les investissements actuels de Sonatrach dans la production de polypropylène et d’engrais azotés, ainsi que d’autres produits, ajoutant que son secteur étudiera la possibilité d’investir avec le secteur de l’énergie et des mines dans la production de certains métaux, notamment les terres rares.

Dans ce cadre, il est à rappeler qu’au début du mois de mars courant, le groupe Sonatrach avait signé avec la société italienne Technimont Spa un contrat portant sur la réalisation d’un complexe pétrochimique, dans la wilaya de Skikda, destiné à la production, dès 2027, de 100 000 tonnes par an de matière première entrant dans la production des détergents et des nettoyants industriels. Le PDG de Sonatrach avait affirmé, à cet effet, que dès l’entrée en production de cette usine, l’Algérie mettra fin à l’importation de cette matière première, avec en prime des perspectives d’export en cas de surplus de production.

N. M.