Industrie sidérurgique en 2024 : Projections prometteuses d’El-Hadjar et Tosyali

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Sider El Hadjar

PAR ABDELLAH B.

La production sidérurgique du pays connaîtra une nouvelle dynamique durant l’année prochaine, si on se réfère aux projections des principaux acteurs du secteur dont les annonces sont beaucoup plus rassurantes.

Dans cet ordre des choses, le fleuron de l’industrie sidérurgique nationale, Sider El-Hadjar, avait annoncé il y a quelques jours son nouveau plan de redynamisation du groupe avec des objectifs en double de ce qui a été réalisé durant l’année en cours, et ce, après le « redémarrage du haut-fourneau du complexe sidérurgique d’El-Hadjar (Annaba) avant-hier, après un arrêt de trois mois », a indiqué hier le PDG du complexe Sider, Karim Boulayoune.

Selon ce dernier, le groupe table sur une production double par rapport à l’année en cours, pour atteindre en 2024 un volume de 600.000 tonnes de produits sidérurgiques commercialisables, contre 300.000 t durant l’exercice en cours. Ceci afin de mettre en œuvre le nouveau plan de développement du groupe, qui est appelé à jouer un rôle important dans la réalisation de grands projets structurants en Algérie, notamment la fourniture du rail pour la réalisation de la ligne de chemins de fer, des projets miniers comme celui de Tébessa et Gara Djebilet.

Comme il est également question de fournir au groupe public Sonatrach près de 1000 km de pipelines pour le raccordement des puits dans les nouveaux périmètres exploités par le groupe. Des marchés décrochés qui peuvent contribuer à l’amélioration de la situation financière du groupe auxquels s’ajoutent les dernières décisions prises par les pouvoirs publics concernant l’accompagnement financier du groupe pour se relever de la situation qu’il traverse depuis des années.

« Afin d’atteindre les objectifs de production fixés, les responsables du complexe sidérurgique d’ElHadjar ont élaboré un programme de réhabilitation et de modernisation de l’usine, fondé principalement sur la modernisation des équipements industriels (aciéries et
laminoirs) et l’introduction de technologies modernes qui mettront fin à la dépendance au coke », a encore affirmé le PDG.

Outre le groupe Sider El-Hadjar qui affiche ses ambitions pour l’année prochaine, la société algéro-turque Tosyali, actuellement l’un des plus importants producteurs dans la région, avait annoncé la semaine écoulée la mise en service partielle du nouveau projet de production d’acier plat « à partir du mois de juin ». « La première phase du projet permettra de produire 3 millions de tonnes d’acier, tout en permettant de tripler les revenus de l’export grâce à la mise sur le marché de produits avec une plus grande valeur ajoutée », explique la société.

Pour l’année prochaine, la société algéro-turque table sur un volume d’exportation aussi important que celui réalisé cette année. « La société vise à tripler ses exportations en 2024 », indique Tosyali. L’amélioration de la production sidérurgique du pays figure comme l’une des priorités des pouvoirs publics en raison de son rôle crucial dans le développement économique du pays, que ce soit en matière de fourniture des produits sidérurgiques sur le marché national ou en matière de l’exportation.

Le lancement de l’un des plus grands gisements de minerai de fer dans la région sud du pays s’inscrit d’ailleurs dans cette nouvelle vision algérienne, qui consiste à mettre l’industrie sidérurgique au cœur de la stratégie de développement économique du pays.

A. B.