Intérêt allemand pour le gaz et l’hydrogène algériens

0
25
Medgaz

/La société allemande Wintershall Dea, considérée comme la première société européenne indépendante de gaz et de pétrole, a annoncé à travers un communiqué publié sur son site internet qu’elle avait élargi son protocole d’accord signé initialement en août 2020 avec la Sonatrach.

Les nouveaux termes du protocole font état d’une base pour que l’entreprise allemande envisage «de nouvelles opportunités commerciales en Algérie», comme l’indique le communiqué. En plus de l’activité traditionnelle liée à l’exploration et l’exploitation du gaz naturel, la société, issue d’une fusion en 2019 d’une filiale de Basf et Dea, annonce avoir élargi son champ d’activité en Algérie au domaine de l’hydrogène et la capture et le stockage du C02. L’Allemagne, qui a toujours estimé que le gaz naturel était une option importante pour sa transition énergétique, demeure dépendante du des gazoducs russes. C’est d’ailleurs ce que rapporte la société Wintersall Dea dans son communiqué. En évoquant son rapprochement avec la Sonatrach, le groupe énergétique allemand rappelle que «l’Algérie est le premier producteur de gaz naturel d’Afrique et le troisième exportateur de gaz vers l’Europe» en estimant que «ce pays est un partenaire naturel de l’Europe pour atteindre les objectifs ambitieux de la transition énergétique tout en assurant la sécurité d’approvisionnement». En évoquant la «transition énergétique» et surtout «la sécurité d’approvisionnement», Wintershall Dea ne laisse planer aucun doute quant à la fiabilité de son engagement futur en Algérie. Dawn Summers, Chief Operating Officer et membre responsable du conseil d’administration pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, s’est même exprimé à ce sujet en précisant que «le protocole d’accord permet d’identifier de nouveaux projets de gaz naturel en étroite collaboration avec notre partenaire Sonatrach et de développer davantage nos activités algériennes dans le domaine des nouvelles énergies.» Dans le domaine des énergies renouvelables et plus particulièrement concernant l’hydrogène, c’est le second partenaire européen à avoir pris option pour développer cette source d’énergie dans notre pays.

Hydrogène : 2e opérateur après Eni

Il y a quelques mois, le N°1 de la société italienne Eni s’était déplacé à Alger pour annoncer un accord portant sur le développement commun des énergies renouvelables et nouvelles, particulièrement les axes de la production de l’énergie solaire, la prospection du lithium, la production des bio-carburants et la production de l’hydrogène (vert et bleu). A ce propos, lors de sa dernière intervention télévisée, le président de la République, M Tebboune, avait cité le domaine de l’hydrogène comme axe de développement futur pour le secteur énergétique algérien. Dans le domaine gazier, Wintershall Dea considère le gaz naturel comme «la source d’énergie conventionnelle la plus respectueuse du climat», lit-on sur le communiqué publié le 22 février dernier par le groupe énergétique allemand. Ce dernier s’inscrit en droite ligne avec les dernières décisions de l’Union européenne qui a, début février de l’année en cours, labélisé le gaz naturel comme énergie verte offrant plus d’opportunités d’investissement avec notamment l’accès à la finance dite verte. En Algérie, en  août 2020, Wintershall Dea et Sonatrach avaient conclu un protocole d’accord avec effet au 1er juillet. Le communiqué de la compagnie annonce également que «les deux parties travaillent en étroite collaboration sur le projet Reggane Nord depuis l’entrée de Wintershall Dea sur le marché en 2002. Le projet Reggane Nord comprend six champs gaziers sur une vaste zone de 1.800 km2 dans le sud-ouest du désert du Sahara. En 2017, Wintershall Dea est rentrée dans le Groupement Reggane Nord (GRN) à hauteur de 19,5% en compagnie de Sonatrach (40%), Repsol (29,25%) et Edison (11,25%).

C. S.