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Investissements dans le phosphate et hausse des prix du gaz : L’Algérie tire le gros lot

/Les récentes décisions d’investir dans le domaine du phosphate, combinées à la hausse des cours des tarifs du gaz naturel feront de l’Algérie un acteur majeur du marché mondial des engrais.

L’ensemble des experts l’affirment. En raison de la flambée des prix du gaz, les prix des engrais ont connu une flambée sans précédent. Ajouté à des facteurs de déstabilisation géopolitique comme le conflit en Ukraine pour obtenir sur le marché mondial, une tonne d’engrais azotés est à plus de 1000 euros, soit une augmentation de 300% sur à peine une année. Idem pour le prix de l’engrais phosphaté. Selon la dernière édition semestrielle du Commodity Markets de la Banque mondiale, le prix de cette matière (phosphate diammonique-DAP) à la fin de l’année écoulée avait atteint une moyenne de 620 $ pour la tonne, soit 25% de plus qu’au trimestre précédant. En Algérie, Fertial avec ses deux unités de production dispose de capacités d’exportation importantes estimées, selon les chiffres fournis par l’entreprise à 750.000 tonnes par an d’ammoniac dont une partie de cette production est réutilisée pour la production d’une large gamme d’engrais azotés et phosphatés. «Les exportations qui sont de l’ordre de 74% de la production globale, font de Fertial un leader incontesté dans le bassin méditerranéen et le deuxième dans le monde arabe, derrière l’Arabie Saoudite. La société des fertilisants d’Algérie occupe par ailleurs une confortable septième place au niveau mondial», nous informe la compagnie à travers ses chiffres officiels. Seulement, la nouvelle conjoncture mondiale va pousser de nombreux partenaires à se tourner vers notre pays pour développer davantage cette filière. La proximité des côtes algériennes avec le continent européen offre un avantage certain surtout en matière de logistique et de coûts de transport. Sur le plan mondial, la Russie et le Belarus représentent 40% des exportations mondiales de potasse. La France, par exemple, importe 70% de ses besoins, notamment d’Ukraine et de Russie. Elle vient de découvrir à ses dépens que l’on fabriquait de la nourriture à partir du gaz. Des pays africains sont déjà dans la bataille mondiale des engrais qui s’annonce.  Avec une immense installation de 3 millions de tonnes, le Nigeria envisage de devenir un pays exportateur d’engrais après avoir mis en service la deuxième plus grande usine d’intrants au monde. Il s’agit de la plus grande usine de ce type sur notre continent. Objectif des dirigeants nigérians : doper la production agricole du pays et assurer sa sécurité alimentaire pour ne plus être dépendant du pétrole. De son côté, l’Egypte s’engage à sécuriser l’inde (pays qui se veut le futur grenier de la planète) en matière d’engrais dans le cadre d’un accord blé contre engrais.

Le phosphate, l’autre arme algérienne

L’entrée en production du projet phosphates signé récemment avec deux partenaires chinois permettra à la société mixte ACFC de produire à terme des millions de tonnes d’engrais par an. Dans ce secteur d’activité, l’Ukraine occupait jusqu’à présent une position quasi dominante sur le marché européen. Pour cela, certains diront que le Projet des Phosphates Intégré arrive à un moment très opportun. Surtout que le conflit russo-ukrainien fait planer de grandes incertitudes sur les capacités futures de la production ukrainienne en matière de production d’engrais. Le complexe algérien de phosphate devrait garantir des revenus à hauteur de 1,9 milliard de dollars/an. Sa mise en exploitation, devrait permettre la production de 6 millions de tonnes de phosphate/an et 1,1 million de tonnes d’ammoniac/an, ce qui ferait de l’Algérie un futur cador mondial de la production en engrais.

S. S.

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