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Journée électorale à Alger

Samedi, il est 11h, sous un ciel clairsemé et une température d’à peine 12 degrés, un air de week-end régnait, en ce jour des élections locales, à Chéraga (Alger-Ouest). Dans les rues quasi désertes, les rares passants qui s’y aventurent pressent le pas et les riverains préfèrent certainement prolonger leur grasse matinée. Aussi, dans les centres et bureaux de vote, les citoyens ne se bousculent pas en cette matinée pour accomplir leur devoir électoral. 

À l’école Larbi Ben Mhidi, l’affluence est timide. Passée l’entrée gardée par les agents de l’ordre, un silence enveloppait le centre de vote, n’étaient quelques voix de personnes qui se tenaient là debout au milieu de la cour. Dans les bureaux ouverts aux quatre vents, quelques personnes s’y  engouffrent presque furtivement. Il n’y a ni chaine humaine, ni bousculade. Tout autant que l’intérieur de la classe, où les encadreurs sont répartis en deux rangées parallèles et où sont entreposées les bulletins de vote, les blancs pour les APC et les bleus pour les APW. Face à des observateurs des partis qui scrutent et cochent sur une feuille chaque personne qui entre, deux personnes étaient chargées de vérifier l’identité du votant et de faire signer et apposer l’empreinte à l’encre indélébile de l’électeur sur un registre, après l’avoir dirigé vers l’isoloir (sans rideaux). Là, une dizaine de bulletins trônent dans une grosse corbeille.

À première vue, les listes des «grands partis» sont absentes, en ce sens qu’il n’y avait pas celles du FLN, du RND et du MSP, hormis le FFS et El Bina et quelques listes d’indépendants. Mais, cela n’est pas une surprise pour cette commune qui alternait, les dernières années, entre les indépendants et le FLN,  bien qu’elle contient un important réservoir électoral du FFS. En tout, ce sont à peine une demi-douzaine de listes qui s’offrent à l’électeur, contrairement à celles des APW, plus nombreuses.

A Alger-Centre, Rue Harriched (ex-Mogador), l’ambiance n’en est pas moins meilleure. A 11h, une quarantaine de votants seulement étaient recensées dans ce centre d’une dizaine de bureaux de vote, où deux principales listes se croisent le fer, à savoir celle du FFS et celle de «la Perle d’Alger» (indépendants), qui, semble-t-il, serait parrainée par le P/APC sortant.

«Des problèmes avec l’ANIE»

Dans cette commune, les élections locales ne se présentent pas sous de meilleurs auspices pour le plus vieux parti de l’opposition qui crie déjà au parti-pris en dénonçant des dépassements qu’il impute à l’administration, qui eurent lieu dans les communes de Hydra, Birkhadem, Timimoune, et Constantine.

Hakim Belahcel, membre de l’instance présidentielle du FFS a, en effet, fait état de plusieurs cas de dépassements durant les premières heures de vote et qui pourraient porter atteinte à l’intégrité de l’opération électorale. Pour autant, le dirigeant et candidat à l’APW de la capitale, qui a fait état de «quelques problèmes avec l’ANIE», a indiqué à titre d’exemple, qu’«à Birkhadem, 4 bureaux de vote n’ont pas été pourvus par les bulletins de vote du RND, ce qui a conduit à la fermeture de ces bureaux». Or, «ce sont des bureaux de vote où le FFS  vote en force. Donc, c’est un sabotage direct, car, les citoyens qui viennent voter trouvent les bureaux fermés et on en sait pas s’ils vont revenir ou pas», a-t-il indiqué. Idem dans l’APC de Hydra, où «le bulletin de vote sur la liste comporte 23 cases pour 22 personnes. Ce qui les expose à l’annulation», a-t-il ajouté.

A Alger-Centre aussi, le candidat du FFS, Boukhnifer Hakim, a alerté l’opinion lors d’un point de presse, jeudi à 18h, au sujet d’«entraves» administratives dont fait l’objet le parti, notamment la non remise des badges aux observateurs du parti qui se retrouvent sur l’autre liste, et des cas d’incompatibilité pour «double fonction» d’un chef de bureau qui occuperait aussi le poste de chef de réseau informatique. Hier encore, le candidat du FFS a rappelé avoir transmis ses réserves à l’Autorité des élections dont il a demande l’intervention, en notant que les badges ne lui ont été remis  que jeudi à 21f. Et là, «ça pose problème parce que cela  a pris beaucoup de temps, pour distribuer ces badges et former les observateurs». Également, les membres du bureau ont été maintenus, a indiqué le candidat du parti FFS, dont c’est la deuxième expérience dans ces élections, en faisant état d’«appréhensions» au sujet de la régularité du scrutin.

En outre, le parti estime avoir enregistré des retards dans l’ouverture des bureaux de vote à Timimoune et noté aussi l’absence de bulletins de vote pour sa liste dans les centres de vote à Constantine.

  1. R.

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Tebboune annonce «une révision totale» des lois des collectivités locales

En marge de l’accomplissement de son devoir électoral hier le président Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé sur la réforme des collectivités locales, en affirmant : «Nous allons œuvrer à une révision totale des lois des collectivités locales en 2022». Et de préciser que «le code de la commune connaitra un changement radical en 2022».

Le président Tebboune a indiqué que, sur 1.541 communes à travers le pays, il y a plus de 900 très pauvres, alors qu’il y a d’autres communes qui sont riches. Aussi, dans un souci d’équité entre communes riches et pauvres, le président de la République a révélé qu’il y a une révision des codes de la commune et de la wilaya, qui «donnera  aux communes la possibilité d’adapter leurs politiques, conformément à leurs capacités financières», a soutenu le Président Tebboune.

  1. R.

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