Khaled Soualmia, DG de l’office interprofessionnel du lait et ses dérivés : «On a des stocks de poudre de lait jusqu’au mois d’août»

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/Le directeur général de l’Office interprofessionnel du lait et des produits dérivés (ONIL), Khaled Soualmia, se veut rassurant quant à la disponibilité du lait.

«Nous disposons, actuellement, d’un stock suffisant pour tenir jusqu’au mois d’août», a-t-il déclaré, hier matin, sur le plateau d’une chaîne de télévision, tout en affirmant que «même pendant la période de pandémie, nous disposions de stocks pour 5 à 6 mois, c’est une exigence des pouvoirs publics».  L’on apprendra, ainsi, que l’ONIL importe pour environ 600 millions de dollars de poudre de lait chaque année et distribue 175.000 tonnes/an à travers l’ensemble des laiteries. Cela correspond à une production journalière de 4,7 millions de litres de lait en sachet (subventionné), soit plus de 142 millions de litres/mois. Toutefois, le DG de l’ONIL précisera que son organisme n’est pas le seul à importer la poudre de lait, les privés importent 56% de la quantité globale, sauf que ces quantités ne sont pas subventionnées. «L’Algérien consomme une moyenne de 45 litres de lait/an», révélera-t-il, mais avec l’ensemble des importations (ONIL et privés), l’Algérie arrive à un ratio de 130 à 135 litres/an, comprenant le lait en poudre subventionné, le lait cru et le lait en UHT (en boîte).

«Des brigades mixtes contrôlent l’utilisation du lait subventionné»

Sur l’utilisation de la poudre de lait subventionnée pour la production des dérivés du lait, tel le yaourt, les fromages…, l’intervenant annoncera que des brigades de contrôle qui se composent d’inspecteurs de l’office, de représentants des ministères du Commerce et de l’Agriculture sur le niveau local, effectuent des sorties inopinées. Le directeur général de l’ONIL avouera que des dépassements ont été constatés durant le ramadan. «Mais il faut dire que les contrôles ont été renforcés depuis, sur l’utilisation du lait subventionné». Il n’omettra pas de rappeler, d’ailleurs, qu’un décret publié en 2017 interdit l’utilisation du lait subventionné à des fin commerciales, comme dans les cafés, salons de thé ou autres hôtels. Khaled Soualmia rappellera les missions de l’officie interprofessionnel du lait et des produits dérivés, et qui consistent en le développement de la filière lait et la distribution de la poudre de lait. Et de préciser que la stratégie des pouvoirs publics est de réduire la facture d’importation de la poudre de lait à travers le développement de la filière, chose qui ne pourra se faire qu’avec l’augmentation de la production nationale de lait cru.

«4 collectifs d’éleveurs subventionnés depuis 2015»

Dans ce cadre, l’Office soutient des collectifs d’éleveurs créés en 2015, et qui sont au nombre de 3, implantés à Relizane, Souk Ahras et Blida, auxquels un quatrième est venu se joindre en 2021, à Ghardaïa où existe, selon Khaled Soualmia, une importante richesse animalière et même de l’aliment de bétail. Donnant quelques chiffres sur la filière bovine, le DG de l’ONIL révélera que «l’Algérie dispose, actuellement, d’environ 927.000 vaches laitières, dont 32% de la production de lait est destiné à la consommation laitière, le reste va aux dérivés du lait».

Cette opération d’aide à la production laitière qui se prolongera jusqu’en 2024 a pour objectif d’«augmenter la production nationale de lait cru», dira-t-il en ajoutant que «le lait cru peut être utilisé pour la production des dérivés du lait ou mélangé à la poudre de lait pour réduire son importation, aussi bien par le public que par le privé». Il précisera, à ce propos, que le lait en poudre doit compléter la production nationale de lait cru, et non le contraire. Sur l’augmentation du prix du lait, Khaled Soualmia affirmera que son organisme a proposé que celle-ci se fasse «graduellement pour atteindre les 35 DA le sachet d’1 litre, de manière à ce que les producteurs et les laiteries ne soient pas pénalisés, et que le consommateur bénéficie d’un lait de meilleure qualité, puisqu’il aura droit à un mélange de lait cru avec la poudre de lait». Il précisera, toutefois, que le consommateur pourra opter pour le sachet de lait à 25 DA, fait essentiellement à base de poudre de lait. Quant à la qualité du lait subventionné, le DG de l’ONIL rappellera que la quantité de poudre de lait contenue dans un sachet d’1 litre est définie par décret et ne saurait être en dessous de 103 grammes. «Des contrôles en laboratoires, sont effectués sur le lait vendu aux citoyens, et des mesures qui révéleraient des dosages inférieurs à 103 grammes conduisent à des sanctions», affirmera-t-il.  

B. A.