Kiev toujours menacée, mais l’armée russe recule

0
8

Kiev reste un objectif de l’armée russe, mais celle-ci est bloquée ces dernières semaines au nord-ouest et à l’est de la capitale ukrainienne, et a dû reculer ces derniers jours sur plusieurs de ces fronts, a affirmé hier le maire Vitali Klitschko.

« La cible de l’agresseur est la capitale de l’Ukraine, le cœur de notre pays », a déclaré l’ancien champion du monde de boxe, au cours d’une conférence de presse dans un parc historique du centre-ville dominant le fleuve Dniepr.   « Il y a toujours beaucoup d’attaques venant du nord et de l’est de notre ville », a expliqué M. Klitschko, au pied d’une célèbre statue de l’Archange Saint-Michel. L’édile, s’exprimant tour-à-tour en anglais et en ukrainien, était accompagné de son frère Wladimir, lui aussi champion du monde de boxe anglaise. « Près de Brovary (périphérie est de Kiev), depuis le nord derrière Liutij se déroule une grande bataille, et selon des informations de sources officielles, la petite localité de Makariv (ouest) et la presque totalité d’Irpin (nord-ouest) sont déjà sous contrôle des soldats ukrainiens », a-t-il affirmé. Interrogé sur une contre-offensive ukrainienne en cours, il a assuré n’avoir aucune information précise sur ce sujet, alors qu’une agence de presse ukrainienne a évoqué un possible encerclement des forces russes à Irpin, Boutcha et Gostomel, des localités au nord-ouest de Kiev. Les zones d’Irpin et de Liutij étaient toutes deux hier le théâtre d’intenses échanges d’artillerie, avec notamment une forte activité à l’arrière du front d’Irpin. Ces lignes de front restent aujourd’hui interdites d’accès à la presse, après la mort de plusieurs journalistes dans cette zone. « Notre message aux Russes : quittez notre pays, rentrez chez vous. Nous ne savons pas combien de temps il faudra (…), cela peut être long », a prévenu le maire de Kiev. « Plutôt mourir que de se mettre à genoux devant les forces russes. Nous sommes prêts à défendre chaque immeuble, chaque rue, chaque recoin de notre ville. Toute la ville a désormais des postes de combats », a indiqué M. Klitschko. »Partout dans le pays, l’armée russe détruit toutes les infrastructures civiles, tue les civils (…). Nous estimons que cela peut se passer dans notre ville, que les Russes peuvent lancer des attaques sur les civils et détruire toutes les infrastructures de la capitale de l’Ukraine », a-t-il ajouté.

++++++++++++++++++

La Chine contre une exclusion de la Russie du G20

La Chine s’est prononcée hier contre une exclusion de la Russie du prochain sommet du G20, envisagée par Washington après l’opération militaire russe en Ukraine. « La Russie est un important pays membre (du G20), aucun membre n’a le droit d’expulser un autre pays », a estimé devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin. Les Occidentaux préparent eux de nouvelles sanctions contre la Russie, alors qu’ils doivent se réunir aujourd’hui à Bruxelles dans le cadre de l’Otan, du G7 et de l’Union européenne. Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden, avait évoqué mardi une possible exclusion du président Vladimir Poutine du G20, dont le prochain sommet est prévu en Indonésie à la fin de l’année.

+++++++++++++++++++

Moscou n’utilisera l’arme nucléaire qu’en cas de « menace existentielle »

Moscou n’utilisera l’arme nucléaire en Ukraine qu’en cas de « menace existentielle » contre la Russie, a déclaré mardi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov sur la chaîne CNN International. « Nous avons une doctrine de sécurité intérieure, cela est public, vous pouvez y lire toutes les raisons pour l’utilisation des armes nucléaires. Et s’il s’agit d’une menace existentielle pour notre pays, alors elles peuvent être utilisées en accord avec notre doctrine », a-t-il dit. La journaliste de CNN International Christiane Amanpour demandait au porte-parole du Kremlin de dire s’il était « confiant » ou « convaincu » que le président russe Vladimir Poutine, dont il est très proche, n’aurait pas recours à l’arme nucléaire en Ukraine. Quelques jours après le début de la guerre lancée le 24 février, et alors que l’armée russe rencontrait une résistance inattendue de la part des forces de sécurité ukrainiennes, le président russe avait mis en alerte toutes les composantes de la force de dissuasion nucléaire, déclenchant un chœur de protestations internationales. Les craintes portent notamment sur la possible utilisation par Moscou d’armes nucléaires de petite dimension. « Nous surveillons ceci quotidiennement et du mieux que nous pouvons. Nous n’avons rien vu qui nous conduise à conclure que nous devons changer notre posture stratégique de dissuasion », a commenté mardi le porte-parole du Pentagone, John Kirby. Selon le ministère américain de la Défense, l’armée ukrainienne, qui garde le contrôle des grands centres urbains, se trouve même ces derniers jours en position de mener quelques contre-offensives qui lui ont permis, dans le sud notamment, de reprendre du terrain sur les troupes russes.