La Libye renforce son contrôle aux frontières avec l’Algérie et la Tunisie

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La Libye renforce son contrôle aux frontières avec l'Algérie et la Tunisie

PAR DJILALI B.

La Libye renforce la sécurité à ses frontières ouest avec la Tunisie et l’Algérie, a indiqué hier
un communiqué du ministère de l’intérieur libyen, après la remise au président du conseil présidentiel, Mohamed Menfi, d’un rapport détaillé sur la situation par le chef d’état-major de l’armée libyenne appartenant au gouvernement d’union national, Mohamed Haddad.

Le document rend compte des activités des services de sécurité sur la bande frontalière dans le cadre de leur mission de lutte contre la contrebande, l’immigration clandestine et la lutte contre les groupes armés, relève-t-on dans le communiqué. Cela intervient, ajoute la même source, au moment où le ministre de l’intérieur Mustafa Trabelsi inspectait le poste frontière Ras Yedir, le passage le plus fréquenté vers la Tunisie, dont le flux est considérable et utilisé aussi par les contrebandiers, notamment ceux opérant dans les segments carburants et produits alimentaires.

Il fait aussi l’objet d’une féroce concurrence entre les milices armées qui gèrent les divers trafics et les réseaux de migration clandestine vers l’Italie notamment en passant par la Tunisie ou l’extrême nord de la Libye. L’union européenne, l’Italie en tête, accuse l’armée libyenne et les milices armées d’être derrière le commerce lucratif du trafic de migrants, notamment les Subsahariens, par la mise en place de réseaux et d’une logistique pour les acheminer vers les côtes italiennes.

Mais l’armée libyenne se défend d’être derrière ces pratiques criminelles. L’on sait également que compte tenu de la situation chaotique du pays, la tâche de lutter contre ces phénomènes peut s’avérer très ardue pour une armée en phase de construction et appelée à être présente sur plusieurs fronts.

« Le chef d’état-major général a remis un rapport complet au commandant suprême sur la
situation sécuritaire aux points frontaliers entre la Libye et la Tunisie et entre la Libye et l’Algérie, ainsi que sur l’organisation du travail des services de sécurité et des services militaires stationnés sur les frontières », a indiqué ce département de sécurité dans son document. Le rapport détaille les opérations de lutte contre la criminalité multiforme ainsi que la situation sécuritaire qui prévaut dans cette région.

Par ailleurs, avertit le porte-parole du ministère de l’intérieur, Abdelmoneim Arabi, les
services de sécurité vont sévir sur l’axe de Ras Yedir, déjà sous le contrôle des services de la direction de la sécurité au port et le service des gardes-frontières. Même les pressions et le soutien européens pour les autorités libyennes ne sont pas parvenus à juguler le phénomène de l’immigration clandestine à partir des côtes libyennes.

Cependant, la contrebande s’est intensifiée ces dernières années, encouragée par la détérioration de la situation sécuritaire en Libye, la prolifération des milices qui tirent leurs ressources de la gestion et de l’organisation des trafics aux frontières. Le renforcement du dispositif sécuritaire viendra-t-il à bout de ces phénomènes, devenus des pratiques courantes dans ce pays qui peine à restaurer sa stabilité politique et militaire ? Au service
de sécurité libyen d’organiser sa stratégie de lutte pour être plus efficace, sachant qu’en face, la riposte de l’Algérie porte ses fruits.

Une coopération plus approfondie donnerait aussi plus d’efficience aux opérations de
surveillance et de contrôle des frontières des deux côtés. C’est sans doute dans cet esprit qu’a été décidée la réouverture du poste frontière Debdab- Ghadamès dont les travaux de rénovation sont en cours d’achèvement, pour canaliser le flux et le trafic des deux côtés de la frontière.

Par ailleurs, le gouvernement d’union nationale a créé « une salle des opérations dont la mission est de défendre les régions de l’ouest et du sud-ouest du pays pour lutter contre la contrebande et affronter et dissuader les groupes armés, notamment dans la ville de
Garian », est-il rappelé. La frontière avec l’Egypte au sud-est demeure toutefois sans contrôle de Tripoli, la région étant sous le contrôle de l’armée du maréchal Haftar opposé au gouvernement de Dbeiba.

D. B.