L’AIE table sur une croissance de 2,5% de la demande en 2024 : 4 facteurs en faveur de la hausse de la demande sur le GNL Algérien

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ABDELLAH B.

L’évolution du marché mondial du gaz pour l’année en cours offre d’importantes opportunités à saisir pour l’Algérie pour augmenter ses exportations, notamment en GNL, vers son marché traditionnel, le vieux continent. En effet, selon le dernier rapport de l’agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale sur le gaz a enregistré durant l’exercice en cours une croissance de 2,5%, soit plus de 100 milliards de m3 en volume. Contrairement à la demande, l’offre sera restreinte pour des raisons à la fois géopolitiques liées principalement à la situation dans la mer Rouge qui impacte fortement le trafic des méthaniers d’une part, et de l’autre la décision du président américain de suspendre les autorisations de la réalisation de nouveaux projets de liquéfaction de gaz aux Etats-Unis jusqu’en septembre.

« La vitesse à laquelle cette nouvelle demande pourra être satisfaite sera déterminante, d’autant plus que l’offre est limitée et que de nouvelles capacités substantielles de GNL ne seront mises en service qu’après 2024 », a relevé Keisuke Sadamori, directeur des marchés et de la sécurité énergétique à l’AIE, cité dans le communiqué. Cette décision aura un impact important sur le marché, d’après la même source qui estime que « les retards dans la construction de nouvelles usines de liquéfaction et les problèmes liés à la disponibilité du gaz d’alimentation dans les projets existants pourraient ne pas faire croître l’offre avant 2025 ».

Outre la limite de l’offre, la même source évoque également les conditions climatiques. Un facteur déterminant à la fois de la hausse de la demande et des prix. « Les températures hivernales plus froides attendues en 2024, comparées aux températures exceptionnellement douces enregistrées en 2023, devraient entraîner une augmentation de la demande de chauffage dans les secteurs résidentiel et commercial », a souligné l’agence. Ainsi, de nombreux facteurs sont donc en faveur de la hausse de la demande sur le gaz algérien durant l’année en cours en raison à la fois de sa position géostratégique, d’une part, dont l’approvisionnement du marché traditionnel n’est pas exposé au risque sécuritaire comme c’est bien le cas des autres fournisseurs de l’UE, conjuguée aux efforts que le pays continue à consentir pour l’augmentation de sa production, notamment en GNL.

Les derniers chiffres sur les exportations du pays en ce combustible durant l’exercice dernier indiquent que le pays a réorienté sa politique vers l’augmentation de la production du GNL qui est devenu l’une des sources d’énergie les plus demandées. Dans ce sens, en l’espace d’une année, les exportations du pays en GNL ont augmenté de l’ordre de 3 millions de tonnes, pour atteindre 13,45 millions de tonnes en 2023, contre plus de 10 millions de tonnes en 2022, selon les derniers chiffres du site spécialisé MEES.

Les tensions politiques, les conditions climatiques, l’accélération de la transition et de la sécurité énergétique combinées à la décision de l’administration de Biden sont toutes
favorables à l’Algérie qui vise l’augmentation de ses parts de marché.

A. B.