L’Algérie fêtera demain Yennayer : Des festivités pour perpétuer les traditions

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PAR BRAHIM AZIEZ

L’Algérie s’apprête à fêter demain Yennayer, le nouvel an berbère, jour de l’an du calendrier agraire, utilisé depuis l’Antiquité par les Berbères à travers l’Afrique du Nord. Chez nous, il est fêté ce 12 janvier, date qui correspond au premier jour de janvier du calendrier julien qui est décalé de 12 jours par rapport au calendrier grégorien.

En Algérie, une décision présidentielle annoncée le 27 décembre 2017 a fait de Yennayer un jour chômé et payé, fêté pour la première fois officiellement le 12 janvier 2018. Il est, depuis, fêté chaque année à travers le territoire national. Diverses activités culturelles, artistiques, économiques et éducatives sont organisées depuis le 9 janvier dernier pour
marquer l’événement.

En 2020, un prix du président de la République a été institué avec pour objectif d’encourager la recherche et la créativité en vue d’une meilleure production en langue et
culture amazighes, et de valoriser des réalisations scientifiques, recherches et littéraires dans toutes les variantes linguistiques utilisées en Algérie. Aussi, le haut commissariat à l’amazighité (HCA) a innové cette année en organisant, depuis mardi dernier, Souk Yennayer à Alger pour célébrer le nouvel an amazigh 2974. Cet événement, qui se tient à la place de la Grande Poste à Alger, célébrera le patrimoine et l’artisanat algériens « dans toutes leurs richesses ». Le souk de Yennayer, conçu comme un village, aura deux portes, Tassili et Atlas, un carré réservé à une trentaine d’artisans, une espace pour les activités artistiques et la vente d’ouvrages, un four pour cuire du pain traditionnel et une kheima targuie.

«Yennayer, trésor culturel authentique et creuset du développement durable»

Le secrétaire général du HCA a mis en exergue, hier à Alger, le souci du président de la République de « préserver et consolider les composantes de l’identité nationale », rappelant que c’était « l’un de ses 54 engagements ». Lors du coup d’envoi, au cercle national de l’armée de Beni Messous, du programme officiel des festivités du nouvel an amazigh,
El-Hachemi Assad s’est félicité du parrainage des festivités nationales de Yennayer par
le président de la République, parallèlement à la 4e édition du prix de la littérature et de la
langue amazighes, dont la remise du prix est prévue aujourd’hui au CIC Abdelatif-Rahal.

Selon le SG du HCA, ces actions prouvent, si besoin est, l’intérêt du chef de l’Etat pour la
préservation et la consolidation des composantes de l’identité nationale. Lors de cette rencontre, qui s’est déroulée en présence du conseiller du président de la République chargé des organisations non gouvernementales et des droits de l’homme, Hamid Lounaouci ; du président du conseil supérieur de la jeunesse (CSJ), Mustapha Hidaoui, et de représentants de différentes instances, El-Hachemi Assad a indiqué que « la wilaya d’Alger a été choisie pour abriter ce grand événement qui est placé sous le slogan de Yennayer, trésor culturel authentique et creuset du développement durable, en ce sens qu’elle incarne clairement cette référence séculaire dont nous devons être fiers en tant qu’Algériens, et ce legs commun que nous devons mettre au service de la consolidation de la cohésion nationale ».

«Avant-projet d’Atlas linguistique algérien»

Des ateliers thématiques scientifiques et de formation dans les domaines de la traduction et de la recherche onomastique sont également prévus au profit des chercheurs et des personnes intéressées par la langue et la culture amazighes. Le SG du HCA citera d’autres acquisitions, telle l’ouverture de nouvelles spécialités de recherches sur les dimensions historique et culturelle de l’identité algérienne, à travers le legs culturel national Yennayer, en insistant sur l’importance de débattre de la pluralité culturelle et du multilinguisme dans le cadre de l’avant-projet d’Atlas linguistique algérien. El-Hachemi Assad est revenu sur
« les différents acquis de l’Algérie dans les domaines culturel, cognitif et éducatif », et
ce, « dans le cadre de l’intérêt porté par l’Etat et ses institutions concernées aux symboles
de notre identité nationale et de notre référence historique, et dans l’esprit du préambule de la Constitution de novembre 2020 », où il est mentionné, selon lui, que « le peuple
algérien est un peuple libre, décidé à le demeurer » et « son histoire, plusieurs fois
millénaire, est une longue chaîne de luttes qui ont fait toujours de l’Algérie une terre de liberté, de fierté et de dignité ».

Assad soulignera « la poursuite de la mobilisation institutionnelle pour inculquer aux jeunes ces nobles valeurs d’amour de la patrie et de préservation de l’héritage culturel national, afin de renforcer le sentiment d’appartenance à une nation séculaire garantissant la sécurité identitaire linguistique, conformément à la religion qui a toujours prôné la coexistence et banni les facteurs de division ». Car, pour lui, « l’amazighité restera un élément de cohésion sociale et un héritage commun à tous les Algériens ».

B. A.