L’Algérie qui avance

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L'Algérie qui avance

Circonstance oblige, ce 61e anniversaire de l’indépendance peut servir de pause pour un
moment de méditation sur l’histoire contemporaine du pays et pour faire un petit
bilan de la récente période, même courte, qui a connu un bond dans les réformes
institutionnelles et un sursaut diplomatique.

PAR DJILALI B.

Les réformes les plus substantielles concernent les deux Chambres du Parlement qui ont
été renouvelées, la reconfiguration du Conseil de la magistrature qui était dans le giron de la chancellerie et a été remis à sa place naturelle d’institution autonome.

Sa composante et sa tutelle ont été revues, et même sa dénomination a changé. Le haut
conseil de la magistrature est devenu le Conseil supérieur de la magistrature.

Plusieurs secteurs ont vu les textes les régissant amendés pour leur imprimer plus de clarté, de simplicité et ne laisser aucune place pour les interprétations. Laborieusement, l’édifice institutionnel a été ainsi revisité pour introduire plus de transparence dans leur gestion et leur fonctionnement.

Mais c’est sur le plan extérieur que le pays a marqué des points dans une conjoncture
internationale qui ne s’y prêtait guère. En effet, selon le constat des partenaires étrangers et la reconnaissance des institutions internationales, dont l’OMS, l’Algérie figure parmi les pays qui ont le mieux géré la pandémie de Covid-19. Elle est aussi parmi les rares pays qui n’ont pas encore les effets de cette pandémie qui a mis le monde entier en « mode off » pendant trois longues années. Mais pas que.

Laborieusement aussi, le pays a réussi à revenir sur la scène internationale et reprendre sa
place. C’est, en ce 61e anniversaire de l’indépendance, une occasion, peut-être, pour applaudir ce fait. L’Algérie a pu réaffirmer son rôle de pays-pivot dans la lutte contre le terrorisme, de médiateur dans les conflits, et de confirmer sa position de neutralité dans les crises ayant mis en confrontation les puissances mondiales et qui ont culminé avec la guerre en Ukraine.

Une position qui a fini par rassurer les partenaires étrangers et les pays qui soupçonnaient l’Algérie de prendre parti pour la Russie. La constance de l’Algérie sur les causes « justes », dont la cause sahraouie et la question palestinienne, a souvent été évoquée comme exemple et saluée.

Aussi, dans cet élan pour reconquérir sa place dans le concert des nations pour rester
dans le jargon usuel dans ce genre d’objet, l’Algérie a essayé de donner un nouveau souffle au Mouvement des non-alignés dont l’existence se justifie par le contexte géopolitique international qui incite à l’émergence d’une force d’équilibre entre les puissances en conflit.

Grâce à son regain d’activisme diplomatique, le pays a pu resituer la crise syrienne dans les
préoccupations de la Ligue arabe, qui l’a finalement réintégrée. Comme il a remis sur le tapis la crise libyenne malgré les interférences et les ingérences étrangères qui font perdurer la situation d’instabilité.

L’Algérie est aussi repartie à la découverte de sa dimension et de sa profondeur africaines en ouvrant des perspectives politiques et économiques propres au continent. L’Algérie s’est également engagée à être le portevoix du continent et à défendre ses intérêts notamment au sein du Conseil de sécurité de l’ONU où elle est élue pour un siège de membre non permanent.

Elle a d’ailleurs mis sur la table un milliard de dollars pour des projets de développement en Afrique.

Un geste qui s’accompagne de l’ouverture de plusieurs dessertes aériennes vers le continent. Les opérateurs économiques algériens sont également encouragés par l’Etat, qui
d’ailleurs les accompagne, pour exporter vers l’Afrique et y investir. La route transafricaine avec ses deux branches – par le Niger où les travaux sont en voie d’achèvement, et l’autre par le Mali – est toujours d’actualité.

Cette voie, outre son rôle économique, devra désenclaver plusieurs pays. L’Algérie pourrait
ainsi devenir une plateforme de transit, un hub pour les exportations étrangères, notamment européennes, vers le continent. Dans l’absolu, les prévisions sont optimistes.

D. B.