L’Algérie se rapproche des standards des Brics

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L'Algérie se rapproche du "nouveau centre de gravité"

PAR R. AKLI

Estimé actuellement à près de 197 milliards de dollars, le produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie, baromètre de la somme des valeurs ajoutées ou des richesses créées sur le territoire national, devrait culminer à 214,7 milliards de dollars l’année prochaine, selon les nouvelles projections de la banque mondiale (BM).

Un niveau qui rapproche ainsi l’économie algérienne des standards requis pour être dûment qualifiée à candidater à une place parmi les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), dont le prochain sommet, prévu pour août, devra trancher les nouveaux critères d’adhésion à remplir pour pouvoir rejoindre ce groupe, désormais très convoité.

De fait, selon les déclarations faites récemment à l’agence d’information italienne Nova par le chef de la diplomatie algérienne Ahmed Attaf, l’Algérie, qui a officiellement exprimé son
intention de rejoindre les Brics, « attend avec impatience le sommet qui se tiendra en
Afrique du Sud en août prochain », car, avaitil précisé, « nous avons été informés que des
décisions sur les critères d’adhésion à ce groupe seront prises à cette occasion ».

Des critères d’adhésion, qui restent donc à établir de façon plus précise, mais qui devront
assurément prendre en ligne de compte les performances économiques de chacun des
19 candidats qui ont officiellement brigué une place à la table des Brics. Et en ce
domaine précis, l’Algérie semble donc se rapprocher de plus en plus des standards
économiques pouvant être exigés pour accéder à ce groupe select, dont notamment
un niveau de PIB d’au moins 200 milliards de dollars, tel que l’avait indiqué le président
de la République lors d’une entrevue avec des représentants de médias nationaux en
décembre 2022.

L’année 2023 sera couronnée par l’adhésion de l’Algérie aux Brics, avait-il ainsi anticipé, en précisant qu’il s’agissait de tout un processus qui requiert une nécessaire poursuite des efforts engagés en vue d’améliorer les indicateurs du pays dans les domaines de l’investissement, des exportations et du développement économique et humain.

226,5 Mds $ en 2025

« C’est lorsque notre produit intérieur brut dépassera les 200 milliards de dollars que nous pouvons dire que nous sommes proches des Brics », avait-il expliqué en substance. Un seuil minimal pour prétendre à un ticket d’entrée à ce groupe, qui est ainsi en passe d’être atteint et même dépassé dès l’année prochaine, selon les toutes récentes données de la banque mondiale.

Le PIB de l’Algérie, indicateur mesurant l’évolution des valeurs ajoutées que crée le pays sur une période d’une année, connaît en effet une courbe d’évolution très favorable durant ces trois dernières années, passant ainsi de 145,7 milliards de dollars en 2020 à 195 milliards en 2022, selon le dernier rapport de suivi de l’économie algérienne publié par la
BM.

Celle-ci indique que pour l’année en cours, le produit intérieur brut du pays atteindra près de 197 milliards de dollars, avant de dépasser 214,5 milliards l’année prochaine et d’approcher les 226,5 milliards de dollars en 2025. Évoquant des « vents favorables pour l’économie algérienne », les économistes de l’institution de Bretton Woods affirment en ce sens que le dynamisme que connaît actuellement l’activité économique en Algérie est « évident », même si les réductions de la production pétrolière et l’impact de la faible pluviométrie sur le secteur agricole peuvent affecter les prévisions économiques pour 2023.

Pour autant, la BM table globalement sur une poursuite de la croissance de l’économie nationale durant l’année en cours, avec comme principale locomotive l’activité des secteurs hors hydrocarbures. Une croissance qui devrait s’accélérer encore davantage en 2024, à la
faveur surtout d’un rebond attendu des productions agricoles et de pétrole brut, prévoit
en outre l’institution financière internationale, tout en insistant sur la nécessité de
poursuivre les efforts engagés en vue de diversifier l’économie et les exportations du
pays. Des efforts nécessaires en effet pour se frayer un chemin sûr vers le groupe des
Brics.

R. A.