L’Algérie veut créer un centre d’excellence pour les pays du sud

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PAR NABIL M.

L’Algérie aspire à lancer une initiative au niveau des pays du sud pour la création d’un centre d’excellence dédié à la valorisation des expériences réussies des startups innovantes. Abdelmadjid Tebboune, qui a annoncé cette initiative dans une allocution lue en
son nom hier par le premier ministre Nadir Larbaoui, devant les participants au 3e sommet du G77+Chine à Kampala, a souligné que l’objectif est de jeter les ponts de communication et d’échanger les expériences et initiatives entre les pays membres de cet espace.

Pour le chef de l’Etat, cette initiative émane de la vision de l’Algérie visant à ériger la science, la technologie et l’innovation en terrains propices à la coopération sudsud, étant catalyseurs pour la croissance économique et le développement durable. D’où l’impératif, poursuit Abdelmadjid Tebboune, « de valoriser leur contribution à la réalisation des objectifs de développement à travers des politiques favorisant le développement des compétences et la promotion de la recherche et de l’innovation scientifique et technologique ». Tebboune a mis en avant également la nécessité d’accorder la priorité aux solutions permettant d’aplanir les entraves technologiques et les pratiques injustes « limitant l’accès des pays du sud à ces outils modernes et essentiels pour le développement », a-t-il regretté.

Par ailleurs, le président de la République n’a pas manqué de rappeler, face aux participants du sommet du G77+Chine, les efforts de l’Algérie visant à renforcer le dialogue, la coopération et l’échange d’expériences dans le domaine des startups à l’échelle africaine. Ceci via notamment la mise en œuvre des conclusions du 2e forum africain des startups,
tenu en Algérie décembre 2023, en sus des mesures prises pour établir un cadre africain à même de développer ce type d’entreprises en coordination avec les organes de l’union africaine.

Un rôle pivot pour l’Algérie en Afrique

L’Algérie, faut-il le rappeler, a réussi à créer un espace d’échange d’expériences dans le domaine des startups et de construire une vision commune sur les politiques de soutien à ce type d’entreprises innovantes et créatrices de richesses en Afrique, à travers l’organisation à Alger, en décembre 2023, de la 2e édition de la conférence africaine des startups. En cette occasion, Abdelmadjid Tebboune avait affirmé, dans une allocution lue en son nom par le premier ministre à l’ouverture de la conférence, l’engagement de l’Algérie à mettre son expérience en matière de startups à la disposition des frères africains, à travers des espaces d’échange d’expertises, à l’instar de cette conférence, devenue un rendez-vous continental incontournable pour l’encouragement de l’innovation et le développement des startups.

Lors de cette rencontre de trois jours, les participants avaient débattu de l’élaboration d’une stratégie africaine unifiée pour réduire la fuite des cerveaux et faciliter la mobilité des startuppeurs entre les différents pays africains, en sus du projet présenté par l’Algérie pour traiter ce phénomène. Il a également été question de la création d’une institution englobant les fonds africains des startups pour le financement de ces entreprises en Afrique sans recourir aux investisseurs étrangers. Le sommet a aussi été l’occasion pour les participants de saluer les réalisations accomplies depuis la précédente session, tenue à Alger en 2022, notamment la mise en place du secrétariat permanent de la conférence africaine des startups, ainsi que les efforts consentis par l’Algérie dans ce domaine, sous la direction du président de la République.

Les startups algériennes leaders en Afrique

Dans ce cadre, il faut noter que les startups algériennes ont enregistré une croissance remarquable au niveau africain et même mondial. Le classement du mois d’octobre 2023 de la plateforme Startup Ranking a placé l’Algérie à la 2e position en Afrique après le Nigeria et juste avant l’Egypte et l’Afrique du Sud. Cette performance des startups algériennes a été réalisée en seulement six mois, au cours desquels 800 startups nationales ont pu répondre aux critères de ce classement.

Cette dynamique du secteur des startups a permis également à l’Algérie à se hisser au
rang des pays développés, en occupant la 18e place dans le monde, dépassant la Suède, le Pérou, la Russie et la Chine, classés respectivement 19e, 20e, 21e et 22e. Au mois de mars 2023, l’Algérie occupait la 61e place dans le monde, avec seulement 132 startups répertoriées. Cette croissance des startups algériennes est le fruit d’une politique de développement économique qui a misé sur ce créneau innovant, faisant de l’Algérie le premier pays dans la région à se doter d’un ministère de startups et des microentreprises, qui a mis en place un cadre réglementaire et légal propice au développement des startups.

N. M.