L’ambassadeur de France à Alger annonce de nouvelles facilités : Visas, les prémices d’un dégel

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Par R. Akli

De l’eau dans le vin concernant la question délicate de la délivrance de visas et de la libre circulation des personnes entre l’Algérie et la France, notamment pour favoriser la relance et l’intensification des échanges économiques entre les deux rives… C’est en effet ce que laisse clairement entendre la déclaration faite hier par l’ambassadeur français en Algérie, Stéphane Romatet, en marge d’une conférence algéro-française sur l’économie  maritime, organisée par le bureau de Business France à Alger. «Il faut que tout ce qui puisse contribuer à l’accroissement des échanges entre la France, l’Europe et l’Algérie fasse l’objet de facilitations dans les deux sens», a ainsi déclaré le diplomate français. En ce sens, a-t-il clairement précisé, «il faut que tous les Algériens qui veulent aller en France pour développer le business puissent effectivement bénéficier de toutes les facilités, en particulier les visas, et cela doit être la même chose aussi pour les opérateurs français qui veulent venir en Algérie». Selon l’ambassadeur, «il y a aujourd’hui beaucoup de choses à faire et un potentiel énorme dans la relation économique» entre les deux pays, et «c’est notre responsabilité de saisir cette opportunité», a-t-il affirmé. «L’ambassade de France à Alger est confrontée à une demande de visas très importante», a-t-il tenu à rappeler dans le même contexte, tout en ajoutant que «l’objectif que nous avons est que pour tous les acteurs de la relation bilatérale, en particulier les acteurs du développement économique, les facilités d’obtention de visa puissent leur être apportées». «C’est notre objectif», a-t-il insisté. Source de tensions épisodiques et fréquentes dans les relations algéro-françaises, aux côtés des questions mémorielles liées aux crimes coloniaux, le dossier de la délivrance de visas et de la libre circulation des personnes entre les deux pays semble ainsi connaître un début de dégel.

Ce dossier des visas a en effet connu des hauts et des bas. Culminant à 500.000 du temps de Hollande, la question, sous les pressions des milieux de l’extrême droite, est revenue il y a quelque temps sur le devant de la scène, dans une tentative de l’actionner comme un moyen de pression.  Une réduction drastique s’en est suivie avec un mensonge grossier sur les OQTF et les laissez-passer consulaires, qui a fini par être démasqué. Depuis, les relations entre les deux pays ont connu un réchauffement, et la France semble mettre de l’eau dans son vin dans ce dossier sensible.

Aujourd’hui, il y a une volonté commune manifeste d’asseoir un cadre de coopération «renouvelé», tournée notamment vers des perspectives de partenariat économique équilibré et «gagnant-gagnant». Un partenariat renouvelé qui doit être construit «sur le plan économique, énergétique, agricole, éducatif et culturel…», mais aussi «en matière de mobilités et d’échanges humains», avait insisté la présidence française en mars dernier, à l’issue de l’appel téléphonique entre Abdelmadjid Tebboune et son homologue français Emmanuel Macron. Un entretien au cours duquel a été officiellement convenue une visite officielle du président de la République en France «vers fin septembre ou début octobre prochain» et qui sera ainsi l’occasion d’ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays et d’acter en conséquence l’approfondissement d’un partenariat bilatéral «renouvelé», tel que consigné à travers la déclaration d’Alger, signée lors de la visite du président français en août 2022 en Algérie. D’ores et déjà, les relations entre les deux pays connaissent, faut-il l’observer, un réel réchauffement depuis l’annonce de la visite de Tebboune à Paris, la coopération bilatérale s’améliorant sur plusieurs registres, aussi bien économiques que politiques, y compris sur la question de la délivrance des visas, comme le fait justement ressortir le discours de l’ambassadeur français à Alger.

R.A.