Lancement de nouveaux chantiers miniers

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Par Abdellah B.

Alors que le monde connaît une raréfaction des minéraux, l’Algérie, qui dispose d’énormes ressources, s’est lancée dans un vaste programme ambitieux de valorisation de ses richesses minérales inestimables. Un effort qui a été sanctionné par le lancement de plusieurs projets qui sont restés pendant des décennies dans les tiroirs poussiéreux du ministère de l’énergie et des mines, comme c’est bien le cas des grands projets structurants, à l’instar du mégaprojet de mine de fer de Gara Djebilet dans la wilaya de Tindouf, la mine de zinc et de plomb de Tala Hamza à Béjaïa, ou encore le mégaprojet de phosphate intégré à Tébessa qui sont en cours de réalisation. En restant sur la même lancée, le PDG du groupe public Sonarem, Sakhri Harami, a annoncé le lancement prochain de trois nouveaux projets miniers qui devront créer une plus-value pour l’économie nationale. Dans ce sillage, le premier responsable de Sonarem cite la «relance» de l’activité du gisement de manganèse dans la wilaya de Béchar, d’une réserve de 2,972 millions de tonnes, avec une teneur moyenne de 35% en manganèse et des réserves de métal estimées à un million de tonnes. Le deuxième projet concerne l’exploitation du gisement de baryte de Draissa (daïra de Tabelbala, wilaya de Beni Abbès), qui regorge d’importantes réserves estimées 4,8 millions de tonnes. Enfin l’exploitation du gisement de wolfram-étain à Tamanrasset sur une superficie de plus de 7000 km².

Les trois projets arrivent à un moment où l’Algérie s’attelle à relancer son industrie sidérurgique et métallique, dont les trois produits miniers sont indispensables pour sa réussite. En d’autres termes, le lancement prochain de ces trois projets a pour objectif d’accompagner les efforts que déploie le pays dans ce sens, et ce, après l’entrée en phase d’exploitation du mégaprojet de Gara Djebilet et le projet de transformation de la wilaya de Béchar en véritable pôle sidérurgique. Des projets stratégiques qui devront accompagner le pays dans la conquête du marché international dans les années à venir.

Actualisation de la cartographie

En effet, parmi les grands projets lancés ces quatre dernières années, se trouve celui «l’actualisation de la cartographie des ressources minérales du pays» et qui a coûté environ 4 milliards de dinars au groupe Sonarem, selon son PDG. Le projet en question vise la collecte des informations et des données géologiques dans plus de 35 wilayas ciblées pour d’éventuels projets miniers. «Les informations et les données géologiques sont indispensables pour la réussite de tous les projets miniers, d’où l’intérêt accordé à ce projet qui est déjà à son stade final», explique-t-il. S’exprimant sur ce dossier, la directrice de l’agence nationale de services géologiques, chargée du projet, Karima Bakir Tafer, affirme que deux projets d’études géologiques sont en cours concernant l’identification des potentialités du pays en «soufre natif et diamant».

 Recherche-exploration, nouveau point cardinal de la politique minière

Par ailleurs, en parallèle aux travaux d’études et d’analyses géologiques que mène actuellement l’ASGA, le groupe Sonarem affirme que l’objectif est de fournir le plus d’informations possible et de données géologiques afin de les mettre à la disposition des investisseurs étrangers désireux de concrétiser des projets en Algérie dans le domaine minier. En exploitant les données géologiques de l’ASGA, le groupe Sonarem et la société chinoise Ganfeng Lithium Group ont mené des activités d’exploration dans le bassin de l’Ahaggar et qui ont débuté sur l’existence de métaux critiques dans cette région, à l’exemple du lithium, niobium, tantale et rubidium, et qui feront l’objet de projet de partenariat pour la mise en valeur de cette richesse.

A.B.