Lancement de nouveaux services numérisés : La place bancaire accélère sa transformation digitale

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Par R. Akli

Paiement à débit différé, nouvelles formes de crédits à la consommation, cartes magnétiques sans contact et interopérabilité des transactions par smartphones sont autant de nouveaux services numérisées que les banques et institutions financières de la place s’activent désormais à rendre opérationnels afin d’accélérer leur mutation digitale, dans le cadre de la réforme financière et bancaire à laquelle les pouvoirs publics entendent donner forme dès cette année. A la traîne depuis plusieurs années, les réformes visant la modernisation des banques algériennes semble ainsi prendre une nouvelle cadence afin d’améliorer notamment la qualité de leurs services et capter l’épargne gravitant hors circuits officiels, tout en participant davantage au financement de l’investissement. Des objectifs stratégiques et cruciaux que le délégué général de l’association professionnelle des banques et établissements financiers (Abef), Rachid Belaïd, a détaillé hier devant les membres de la commission des finances et du budget de l’assemblée populaire nationale (APN), annonçant à cet effet le déploiement dès les prochains mois de nouvelles solutions et services bancaires digitalisés aux fins d’accélérer le développement de la monétique et de l’inclusion financière. Les banques et les institutions financières de la place locale s’apprêtent ainsi, a-t-il annoncé, à généraliser les paiements interbancaires instantanés et différés en vue d’encourager les commerçants à opter pour les modes de paiement électroniques. Un important projet visant à permettre le paiement instantané du compte du client à celui du commerçant «est en cours de réalisation», a affirmé en ce sens le délégué de la communauté bancaire, en indiquant qu’une réunion du centre de pré-compensation interbancaire (CPI), avec la participation des banques et des institutions financières, avait été tenue hier au siège de la banque d’Algérie, à l’effet de «finaliser» les opérations relatives à cette nouvelle application, «en prélude à sa généralisation».

Bientôt des cartes de paiement à débit différé

En outre, a-t-il annoncé, le lancement de cartes de paiement à débit différé est prévu pour très prochainement, en collaboration avec la société d’automatisation des transactions interbancaires et de la monétique (Satim) et du groupement d’intérêt économique chargé de la monétique (GIE Monétique), afin de permettre aux usagers de pouvoir effectuer des transactions ou achats sans que leurs comptes ne soient débités immédiatement, mais à une date ultérieure convenue avec la banque, soit généralement à la fin du mois. Un nouveau service bancaire digital qui permet ainsi l’accès à une nouvelle forme de crédit à la consommation, tout en aidant à promouvoir le commerce par internet (e-commerce), selon les explications du représentant de l’Abef, qui a annoncé par ailleurs l’entrée en vigueur d’ici fin mai à début juin prochain de l’interopérabilité des paiements par téléphone mobile, sachant que cette possibilité reste encore limitée actuellement aux seuls clients d’une même banque ou d’Algérie Poste. S’ajoute à ces nouvelles prestations en ligne, censées booster le recours à la monétique en place et lieu du cash, le lancement et la généralisation, prévus pour très prochainement, du paiement sans contact qui permet de régler des achats auprès de commerçants dotés de terminaux de paiement électronique (TPE), sans insertion de carte ni introduction de code secret, selon le même responsable. Ce dernier rappellera, dans le même contexte, que le parc national de TPE installés compte actuellement près de 54.000 appareils, tandis que le nombre de cartes électroniques en circulation a dépassé les 16 millions, celles interbancaires et celles d’Algérie Poste comprises. Des chiffres plus qu’encourageants, mais qui restent encore en deçà des niveaux requis pour hisser la place financière domestique aux standards internationaux en termes de bancarisation des populations, de collecte de l’épargne et de digitalisation des services bancaires, d’où justement le coup d’accélérateur que les pouvoirs publics ont désormais décidé de donner à la réforme financière et bancaire pour rattraper rapidement les retards accumulés ces dernières années en ce domaine. L’enjeu étant de parvenir à renforcer la confiance des épargnants vis-à-vis des banques et d’œuvrer ainsi à réduire à terme la circulation fiduciaire hors circuits officiels, en diminuant surtout la prépondérance de l’argent liquide dans les transactions courantes.

R.A.