L’anglais au primaire dès cette année : Ce qu’en pensent les spécialistes

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Le 19 juin dernier, à l’issue d’un Conseil des ministres, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait donné l’instruction d’«adopter la langue anglaise à partir du cycle primaire, après une étude approfondie menée par des experts et des spécialistes». Mais le chef de l’Etat a créé la surprise hier, en annonçant que l’enseignement de l’anglais sera introduit dans le cycle primaire à partir de cette rentrée scolaire 2022-2023 et cela en réponse à une question posée lors de l’entrevue périodique accordée aux représentants des médias nationaux.

«Si l’Algérie veut aller vers l’universalité, il faut passer par l’apprentissage de l’anglais», a déclaré le Président, en ajoutant : «Le français est un butin de guerre mais l’anglais est une langue universelle.» La décision d’introduire l’enseignement de l’anglais au primaire sera donc «appliquée dès cette année » pour permettre à l’Algérie « de s’imposer à l’international ».

Ce qu’en pensent les spécialistes

Faisant partie d’une série de mesures visant à la refonte du système éducatif et l’amélioration de son rendement, l’enseignement de la langue de Shakespeare a été fortement salué par les experts et les partenaires sociaux qui voient en l’apprentissage de l’anglais une véritable valeur ajoutée pour l’élève algérien.

C’est le cas de Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste, qui a estimé que cette nouveauté devrait accompagner d’autres mesures dont la «restructuration du programme scolaire».

«L’Algérien n’a aucun problème avec les langues, bien au contraire, nous sommes ouverts sur l’apprentissage des langues et c’est une décision que nous saluons. Néanmoins, la restructuration du programme scolaire se fait de plus en plus urgente, surtout avec l’introduction de l’anglais», a-t-il dit. Il explique : «Le programme du cycle primaire tel qu’il est conçu actuellement constitue une véritable charge pour l’élève. La révision du volume horaire de certaines matières serait un bon début.»

Un avis partagé par le pédagogue Meziane Meriane qui préconise un «plan bien étudié et réfléchi sur la manière d’introduire l’anglais comme deuxième langue étrangère dans un cycle miné par les problèmes d’ordre pédagogique. Il explique que «l’enseignement de l’anglais est une excellente décision, car il s’agit de la langue la plus parlée dans le monde et c’est aussi la langue du savoir. Si l’on veut aller dans cette optique-là, la réforme du programme scolaire en accordant plus d’intérêt aux mathématiques et aux langues vivantes est une nécessité».

Dans ce sillage, le pédagogue a préconisé la mise en place d’une véritable politique des langues avec des objectifs bien définis. «Maintenant que le gouvernement a décidé d’aller vers l’universalité, il est plus que temps de définir la politique des langues en Algérie, tracer des objectifs définis bien à l’avance pour savoir avancer. Il ne faut plus qu’il y ait cette coupure entre les trois cycles de l’enseignement ou le cursus se fait en langue arabe et l’enseignement supérieur ou les cours sont prodigués en français», a-t-il déclaré.

W. S.