Le film « Amsevrid » de Tahar Kessi primé au FID Marseille

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Par Delloula Morsli

Lors de la 35e édition du festival international de documentaire, qui s’est tenue du 25 au 30 juin à Marseille, « Amsevrid », le premier long métrage du réalisateur algérien Tahar Kessi, s’est vu décerner le premier prix dans la catégorie réservée aux premiers films.

Cette fresque sombre et poétique nous plonge dans une traversée lacunaire et paranoïaque de l’Algérie contemporaine, revisitant avec sensibilité les traumatismes des années 1990. Pour autant, Tahar n’explique rien mais offre au spectateur de se saisir des bribes de petites histoires pour entrevoir la complexité de la grande. “L’idée était de construire un film qui laisse de l’ouvert, partout, tout le temps, avec des passages entre les différents compartiments du film, comme des coursives. Il comporte des éléments documentaires, fictionnels et archivistiques qui se côtoient et s’interpénètrent.” déclare le cinéaste. En effet, rapidement, la frontière entre fiction qui se dissipe et réalité traquée s’efface. A travers des scènes à la fois intimes et collectives, « Amsevrid » explore les zones d’ombre de l’histoire récente du pays, tout en mettant en lumière les formes de résilience et de résistance qui ont émergé de ces années-là.

Questionné sur le titre du film, le réalisateur dira: “Amsevrid est un mot en kabyle composé. «Avrid» signifie «chemin» et «Ams» est un préfixe. Ce mot se traduirait littéralement par le néologisme «cheminier», celui ou celle qui chemine. Il inaugure le monde, il le découvre sans cesse.” Lors de la cérémonie de clôture du FID Marseille, « Amsevrid » a été récompensé dans la catégorie du premier film, marquant ainsi une reconnaissance bien méritée pour Tahar Kessi et son équipe. Il faut dire que ce dernier était habité par ce film depuis plus d’une décennie. Par ailleurs, la belle affiche du film est signée par l’artiste Kamel Khelif.

Tahar Kessi nourrit une passion pour le cinéma depuis son jeune âge. L’enfant de Bouzeguène (Tizi Ouzou) explorait déjà sa créativité à travers des projets cinématographiques bien avant de se former à la réalisation à la Fémis en 2010. Avant de s’attaquer à “Amsevrid”, Tahar avait réalisé plusieurs courts métrages dont “YB est en dérangement” ou encore “Hystérésis”.

Fort de ce succès, ce nouveau-né du cinéma algérien est désormais appelé à faire la tournée des festivals à travers le monde, avec, pourquoi pas, l’espoir d’une projection nationale prochaine.

D.M.