Le gaz au cœur des discussions entre Tebboune et le président du Conseil européen : l’Europe mise tout sur l’Algérie

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Tebboune et Charles Michel

Avec la situation critique et l’exacerbation de la crise énergétique que traverse l’Europe à l’approche de l’hiver et l’arrêt du flux du gaz russe, le vieux continent, engagé dans une course contre la montre pour trouver de nouvelles sources d’approvisionnement, se tourne résolument vers l’Algérie pour subvenir à ses besoins en gaz et réduire la stagnation économique et l’inflation.

C’est dans ce contexte qu’intervient la visite de Charles Michel, président du Conseil européen, hier à Alger, où le président de la République, Tebboune Abdelmadjid, lui a réservé un accueil officiel, avant d’avoir avec lui un entretien en tête-à-tête, qui a été ensuite élargi à la délégation qui l’accompagnait dans sa visite en Algérie.

Les discussions entre les deux parties ont été axées notamment sur la crise énergétique qui affecte l’Europe ainsi que la flambée des prix du gaz sur le marché européen, en sus d’autres questions inhérentes à la sécurité et à la stabilité notamment au Sahel, à la question du Sahara occidental et à la coopération économique entre Alger et l’Union européenne, dont l’éventuelle révision de l’accord d’association Algérie-UE.

Charles Michel : «L’Algérie un partenaire fiable, loyal et engagé»

En frappant aux portes d’Alger où il a évoqué notamment la possibilité de fournir plus de gaz à l’Europe après la récente décision de la Russie d’arrêter complètement de pomper du gaz vers le vieux continent, Charles Michel a surtout conforté le statut de fournisseur fiable d’énergie et traduit la confiance acquise par l’Algérie auprès de l’UE, pour son approvisionnement actuel en gaz mais aussi en d’autres sources d’énergie futures (électricité, hydrogène, solaire, etc.). Que cela soit à travers les infrastructures existantes, notamment les gazoducs reliant le pays à l’Italie et l’Espagne, ou le futur gazoduc transsaharien qui transportera du gaz nigérian vers l’Europe, via l’Algérie et le Niger.

À ce propos, le président du Conseil européen, Charles Michel, a indiqué que l’Algérie était un partenaire fiable en matière d’énergie, tout en soulignant la nécessite de réviser l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne en identifiant les priorités conjointes, dans l’intérêt mutuel des deux parties.

«Nous avons considéré que dans les circonstances internationales que l’on connaît, la coopération énergétique est évidemment essentielle, et nous voyons dans l’Algérie un partenaire fiable, loyal et engagé», a déclaré à la presse M. Michel, à l’issue de l’audience que lui a accordée le président de la République.

Entretien «extrêmement fructueux»

Le président du Conseil européen a dit avoir eu un entretien «extrêmement fructueux, tourné vers l’avenir» avec le président Tebboune, relevant que les deux parties «partagent une ambition commune de donner un nouvel élan à la qualité des relations entre l’Algérie et l’UE».

«Nous avons considéré que l’accord d’association est un cadre devant donner lieu à des améliorations avec la volonté, de part et d’autre, d’identifier les priorités conjointes dans l’intérêt mutuel», a-t-il ajouté.

S’agissant du volet géopolitique et sécuritaire, le responsable européen a, en outre, souligné que l’Algérie et l’UE ont «une ambition commune pour la stabilité, la sécurité et la prospérité». À ce titre, il a indiqué avoir évoqué avec le président Tebboune «un certain nombre de situations liées au voisinage et au contexte géopolitique».

M. Michel s’est dit également «extrêmement optimiste» de développer «plus fortement et de manière plus déterminée un partenariat qui débouche sur des résultats concrets et tangibles pour les citoyens» de l’Algérie et de l’Union européenne.

Il convient de noter que la visite de Charles Michel s’inscrit dans le prolongement de celles des chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres de l’UE, à l’instar de Mario Draghi (Italie), Emmanuel Macron, après l’Espagne, qui ont négocié séparément des contrats gaziers avec l’Algérie.

Mais l’institution communautaire décide de prendre en charge le dossier énergétique de l’Europe des vingt-sept pour pallier la défaillance de l’Espagne à assurer la mission d’approvisionner en gaz l’Europe, notamment de venir en aide à l’Allemagne à travers le gazoduc reliant ce pays à l’Algérie. Or, les relations de l’Algérie ne sont plus au beau fixe avec le gouvernement Sanchez depuis le revirement de la position de ce dernier sur le Sahara occidental.