Le Gecf face à la géopolitique de l’énergie

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7e sommet du GECF : Tebboune reçoit les hôtes de l’Algérie

Le gaz est un combustible stratégique pour l’économie mondiale pour de longues décennies encore. Le contrôle des infrastructures, notamment de transport et les routes des échanges, l’est aussi. Si, dans la région méditerranéenne, l’Algérie est à l’abri, ses exportations vers l’Asie risquent d’être impactées par la situation qui prévaut actuellement en mer Rouge, comme c’est d’ailleurs le cas également dans la mer du Nord qui n’a pas échappé au poids des enjeux de la géopolitique.

PAR ABDELLAH B.

De ce fait,  la sécurisation des infrastructures gazières s’est invitée aux travaux du 7e
somment des pays exportateurs de gaz abrité par l’Algérie la fin de la semaine écoulée, et qui a été sanctionné par une déclaration riche en termes de décisions en faveur des pays producteurs et du marché du gaz de manière générale. Ainsi, la bataille de sécurisation des infrastructures de transport a été lancée depuis Alger, seule voie pour s’imposer sur le marché gazier où la concurrence avec les acteurs hors Gecf est rude. Il s’agit donc d’un élément clé pour la stabilisation du marché mondial du gaz, actuellement au centre de l’évolution de la géopolitique de l’énergie. « Le renforcement de la coopération internationale est une nécessité absolue pour la protection des infrastructures gazières transfrontalières pour garantir un approvisionnement durable du marché mondial », lit-on dans le document du Gecf, qui a appelé clairement la communauté internationale à s’impliquer dans la stabilisation des approvisionnements à travers la coopération sécuritaire.

Coopération sécuritaire

En effet, ces deux dernières années, les trajets terrestres et maritimes, ainsi que le transport de gaz par pipeline ou méthanier ont été fortement perturbés par la course de positionnement sur le marché énergétique et dont la flamme a été allumée par des conflits armés. Depuis, de nouveaux tracés de pipelines sont apparus, notamment en Algérie avec le nouveau projet de gazoduc avec l’Italie et aussi le transsaharien qui arrive en Algérie du Nigeria en passant par le Niger dont les travaux ont été retardés suite aux tensions au Niger et les sabotages perpétrés sur les installations gazières nigérianes, avant d’être réactivé. Le dossier a été relancé récemment, selon le ministre de l’énergie et des mines, Mohamed Arkab, appuyé par son homologue nigérian.

Le TSGP (ou Nigal) est d’une importance cruciale pour la région, mais aussi pour les pays européens en crise d’approvisionnement depuis 2021. Dans ce sens, la sécurisation des infrastructures gazières figurant parmi les plus importantes préoccupations des pays membres du Gecf, est cruciale pour garantir l’approvisionnement durable du marché international en croissance constante face à l’instabilité de l’offre. Le Gecf, bien conscient des enjeux et risques de la géopolitique sur les marchés gaziers a réagi en bloc pour s’imposer sur le marché international comme un acteur clé et incontournable, ce qui ne peut se réaliser sans le contrôle à la fois de la richesse et des routes d’approvisionnement.

La perturbation du trafic maritime en raison de la crise en mer Rouge qui a eu un impact important sur les exportations des plus grands producteurs au Moyen-Orient – le Qatar et l’Iran en particulier-, est venu aggraver une situation déjà critique engendrée par les attaques contre le Nordstream depuis la crise ukrainienne suivies des sanctions européennes contre le gaz russe et les attaques de drones ukrainiens sur les installations de Gazprom, sans oublier les attaques « terroristes » et les vols permanents subis par le Nigeria.

A. B