Le marché du gaz sourit à l’Algérie

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L’année 2023 reste une période favorable à l’investissement dans le domaine gazier, en raison de l’amélioration des indicateurs du marché mondial à la faveur d’une hausse de 4 à 5% de la demande sur ce produit énergétique.

C’est ce qu’indique le dernier rapport annuel du Forum des pays exportateurs du gaz (GECF), dont fait partie l’Algérie. Le marché gazier international exprimera un important besoin en matière d’offre durant 2023 et 2024.

PAR ABDELLAH B.

Comme l’Algérie demeure un acteur important sur le marché gazier, européen en particulier, la situation lui sera favorable pour de nombreuses raisons. La première en relation avec sa réputation de fournisseur « fiable » sur le marché, comme le soulignent les rédacteurs du document en question, et également de par ses ambitions d’aller vers une amélioration de sa production dans une période où la demande européenne sur le gaz connaîtra une importante hausse durant cette période.

«L’Algérie a travaillé sur la valorisation de sa production et a rationalisé sa consommation domestique»

Il s’agit donc d’une opportunité qui s’offre pour les pays producteurs du gaz de décrocher
de nouveaux marchés, notamment pour l’Algérie qui demeure un fournisseur fiable de
l’Union européenne en gaz et qui, d’après les rédacteurs du rapport en question, continue à
fournir d’importants efforts pour l’amélioration de sa production gazière.

« L’Algérie a travaillé sur la valorisation de sa production de gaz, rationalisé la consommation domestique de gaz pour l’électricité et augmenté les exportations. L’Algérie est également devenue une source de gaz fiable pour l’UE qui vise à assurer sa sécurité énergétique par la diversification de l’approvisionnement », lit-on dans le rapport en question.

100 milliards m3 d’exportations :

Tebboune réaffirme les ambitions du pays En fait, l’objectif esquissé par l’Algérie est
d’arriver à doubler ses exportations gazières dans les prochaines années pour atteindre 100
milliards de m3 par an, une ambition qui a été réaffirmée par Abdelmadjid Tebboune lors
d’une interview diffusée jeudi sur la chaîne web de la télévision qatarie Al Jazeera. En fait,
les exportations gazières de l’Algérie durant l’exercice dernier ont atteint un volume de 58
milliards de m3, dont une part importante de cette production a été transférée vers l’Italie,
d’après le rapport de GECF. « L’Algérie a exporté 71% de son volume global de gaz vers l’Italie en 2022, ce qui représente une augmentation de 9% par rapport à l’année dernière.

Par contre, les exportations du pays vers l’Espagne ont « chuté de 35% par rapport à 2021 », indique la même source, et ce, suite à la fermeture de gazoduc GME le mois de novembre 2021 par l’Algérie.

Par ailleurs, si la demande sur le gaz naturel est déjà importante et ses clients sont
connus, les importations mondiales et européennes de GNL s’invitent sur le marché
gazier pour les années à venir.

Dans ce volet, le document du GECF prévoit une hausse de « 4% à 4,5% de la demande mondiale sur le GNL, soit un volume oscillant entre 16 millions à 18 millions de tonnes en volume, en glissement annuel pour atteindre 416 millions de tonnes ».

En fait, cette hausse de la demande mondiale durant l’année 2023 et 2024 s’explique,
selon la même source, par la multiplication des chantiers de réalisation des stations de gazéification sur le vieux continent qui cherche à diversifier ses importations pour se libérer du gaz russe.

« En 2024, en supposant également que les rechargements de GNL restent au
même niveau qu’en 2023, le rythme de croissance des exportations mondiales de GNL
devrait accélérer légèrement de 4,5 à 5%, soit un volume de 18 à 20 millions de tonnes en
glissement annuel pour 435 Mt ».

Progression des investissements

Pour répondre à cette demande, le document du Forum des pays exportateurs affirme que « les pays membres du GECF et les pays non membres du GECF exporteront des quantités supplémentaires de GNL avec respectivement 10 Mt en 2023 et 9 Mt supplémentaires
de GNL en 2024, avec la disponibilité de gaz en Algérie, au Nigeria d’un volume vacillant entre 3 et 4 millions de tonnes », indiquent les rédacteurs du rapport en question.

Revenant sur les investissements nécessaires dans le domaine gazier pour cette période, le GECF constate une progression de 7% d’une année sur l’autre pour atteindre « 718
milliards de dollars ».

Cette hausse de la valeur des investissements est la conséquence directe de la hausse des coûts de services pétroliers et équipements, et pour cette année 2023, « les investissements pétroliers et gaziers sont attendus pour augmenter davantage, grâce à des investissements plus importants dans l’industrie en amont et le GNL des terminaux d’importation », lit-on dans le rapport en question.

Cependant, plusieurs incertitudes demeurent toujours d’actualité, faute d’une véritable reprise de l’économie mondiale, la maîtrise de l’inflation et la stabilité des prix des
énergies peuvent « décourager les investissements » constate la même source.

A. B.