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Le Maroc menacé par une «catastrophe énergétique»

/Le carburant commence à faire défaut au royaume chérifien où la sonnette d’alarme vient d’être tirée par la ministre marocaine de la Transition énergétique et du développement durable.

«Au 11 avril, les stocks des produits pétroliers liquides étaient de 789.000 tonnes, ceux du gaz butane de 1911.000 tonnes, et 701.000 tonnes de charbon», a annoncé Nadia Benali dans son exposé, hier, devant la commission des infrastructures de base, de l’énergie, des minéraux et de l’environnement de la Chambre des représentants.

Les réserves de gasoil à sec dans 26 jours

La ministre marocaine de la Transition énergétique et du développement durable ajoutera que le Maroc dispose d’une réserve de 437.000 tonnes de gasoil, ce qui couvre les besoins du royaume pour 26 jours seulement, et 83.000 tonnes d’essence pour une couverture de 43 jours au moment où la norme minimale fixée est de 60 jours. La menace pèse aussi sur l’aviation civile puisque les stocks de kérosène sont de 36.000 tonnes, assurant une couverture de 34 jours. Et pourtant, les capacités de stockage des produits pétroliers liquides sont de 1,3 million de tonnes, alors que pour le gaz liquides elles sont de 324.000 tonnes, sachant que le parc automobile marocain carbure essentiellement au GPL. Pour parer à ce déséquilibre, le gouvernement s’attelle à mettre en place un conseil de la sécurité énergétique pour un suivi plus rigoureux de la situation énergétique du Maroc. Une panoplie de mesures doit être présentée pour réagir en cas de «catastrophe énergétique» qui pointe à l’horizon.

La grogne enfle

Il faut rappeler que la situation énergétique du Maroc s’est détériorée depuis l’arrêt du gazoduc GME (Maghreb-Europe) qui alimentait l’Espagne depuis l’Algérie en passant par le Maroc, et qui permettait au royaume chérifien d’engranger chaque année des royalties en dollars, en plus d’un quota de 800.000 tonnes de gaz/an. Le non renouvellement du contrat arrivé à terme le 1er octobre 2021, et qui courait depuis 1996, prive, ainsi, le Maroc d’un manque à gagner financier, mais aussi énergétique qui a mis le pays dans une situation des plus critiques. Et cela ne fait que s’aggraver avec le conflit russo-ukrainien qui complique, déjà, les approvisionnements de l’Europe en gaz naturel, alors que le Maroc comptait s’approvisionner depuis l’Espagne. A la hausse des prix des produits énergétiques et la dégradation drastique du pouvoir d’achat, auxquels s’ajoute la raréfaction des stocks énergétiques, un  risque d’explosion sociale plane sur le royaume, et qui n’exclut pas le risque d’explosion politique née depuis la normalisation du royaume chérifien avec l’entité sioniste et que la population et la classe politique ne partagent pas. Déjà que la grogne commence à enfler chez les professionnels du transport qui voient les pénuries se profiler, au moment où aucune mesure concrète n’est proposée dans l’immédiat.

B. A.

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