Le PDG de Sonatrach l’a annoncé hier. Gaz : une hausse de 5 milliards m3 /an

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Larbaoui inaugure un nouveau champ gazier

PAR NABIL M.

L’Algérie poursuivra ses efforts pour augmenter ses capacités de production des hydrocarbures, a affirmé hier Abdelmadjid Tebboune. Un plan d’investissement ambitieux a été engagé à cet effet, a affirmé le chef de l’Etat dans une allocution lue en son nom depuis Timimoun par le Premier ministre Nadir Larbaoui, à l’occasion du double anniversaire de la création de l’union générale des travailleurs algériens (UGTA) et de la nationalisation des hydrocarbures.

Cet ambitieux plan, poursuit Abdelmadjid Tebboune, permettra d’augmenter la production primaire d’hydrocarbures en Algérie de l’ordre de 2% annuellement, durant la période allant de 2023 à 2027, pour atteindre environ 209 millions de tonnes équivalant pétrole (TEP) à l’horizon 2027. Il a précisé que l’Algérie poursuivra ses investissements pour la
découverte de nouveaux champs et l’amélioration des champs existants, en sus de l’intensification des efforts en vue d’accélérer la cadence de mise en œuvre du programme de valorisation des hydrocarbures. Ce programme, at-il ajouté, vise à conférer une nouvelle dynamique au domaine de la pétrochimie, et ce, dans le cadre de la concrétisation de son engagement à encourager la production et l’exportation de l’énergie, à travers l’intensification de la production des énergies fossiles.

A ce titre, le président de la République a relevé que la wilaya de Timimoun, qui abrite les festivités officielles célébrant ce double anniversaire du 24 février, occupe une importante place au titre de la stratégie de consolidation de l’amont pétrolier pour la production du gaz naturel.

Pour sa part, le PDG du groupe Sonatrach, Rachid Hachichi, a annoncé en cette occasion un projet de développement des champs gaziers, qui s’inscrit dans le cadre du projet de développement des champs de la région du sud-ouest du pays, avec une capacité de production estimée à 14 millions de m3 de gaz par jour (5 milliards m3 /an), à travers les sites de Hassi Ba Hamou, Hassi Tidjerane et le champ de Tinerkouk. Cela, au moment où le
premier ministre procédait, hier à Timimoun, à l’inauguration du centre de production de gaz de Hassi Ba Hamou. D’une capacité de production de près de 4,5 millions de m3 /jour de gaz naturel, ce centre assure aussi le traitement de 6 millions de m3 /jour de gaz brut
grâce à son réseau de raccordement couvrant 24 puits de production au niveau du champ gazier de Hassi Ba Hamou.

Un investissement de plus de 40 milliards de dollars

Pour mettre en œuvre l’engagement des pouvoirs publics pour l’augmentation de la production, un ambitieux programme d’investissement a été tracé par la compagnie nationale Sonatrach à hauteur de 42 milliards de dollars, sur la période 2023-2027, dont 77% de cet investissement global sont consacrés au développement de l’activité d’extraction pour augmenter en priorité les réserves et la production primaire de carburant, afin de pouvoir prendre en charge la demande locale sur le long terme, mais également honorer les engagements de l’Algérie à l’exportation.

Ces investissements seront alloués à l’exploration et à la production avec l’objectif d’augmenter la production à court et moyen termes et de préparer un portefeuille de projets futurs, notamment pour le gaz naturel, ce qui va améliorer la sécurité énergétique
du pays et à approvisionner de manière fiable le marché mondial, faisant de l’Algérie l’une des plus importantes sources d’approvisionnement en gaz au monde, grâce à des réserves substantielles de gaz naturel et à l’augmentation récente de la production. D’autres investissements sont aussi destinés, dans ce même programme, pour développer des projets gaziers à hauteur de plus de 14 milliards de dollars, et des projets pétrochimiques à 3,5 milliards, ainsi que près d’un demi-milliard de dollars qui sera consacré à des projets liés à la protection de l’environnement, à l’instar de la récupération des gaz brûlés,
l’achèvement des centrales de production d’électricité fonctionnant à l’énergie solaire et le développement de projets d’hydrogène.

Se positionner en tant qu’acteur principal dans l’énergie électrique

Sur le long terme, l’Algérie ambitionne de développer son potentiel d’énergie renouvelable pour produire de l’électricité et l’exporter à de nombreux pays d’Afrique et d’Europe. Cet objectif est tracé dans la nouvelle stratégie énergétique de l’Algérie, selon ce qu’a affirmé le chef de l’Etat, dans le discours lu à son nom par le premier ministre. Ainsi, l’Algérie s’est engagée à relever les défis du développement durable à travers la mise en place d’une stratégie énergétique nouvelle, basée sur une vision de développement économique sur le moyen et long termes, en accompagnant le processus de réalisation d’une transition énergétique réussie, a indiqué Abdelmadjid Tebboune. Ceci, poursuit-il, à travers le lancement de nouveaux projets dans le domaine de l’énergie renouvelable et le positionnement de l’Algérie en tant qu’acteur principal dans la production de l’énergie électrique à partir de l’énergie solaire et en introduisant l’hydrogène. Cet objectif n’est pas fortuit, du fait que l’Algérie dispose de plusieurs atouts pour être un acteur régional majeur en matière de développement de l’énergie électrique à partir de ressources renouvelables, en l’occurrence le solaire et l’hydrogène.

En plus de sa position géographique, sa proximité des marchés européens, ses réseaux et infrastructures de transport qui constituent des avantages comparatifs pertinents, ainsi que son ambition de devenir un acteur important dans la production de l’hydrogène. Il est à rappeler que l’Algérie se dit prête à exporter 10.000 MW d’électricité vers l’Europe si cette
dernière en forme le vœu. Un engagement pris par le président de la République lors d’une des entrevues accordées à des médias nationaux. Il avait également indiqué que les capacités de production de l’Algérie dépassent 24.000 MW, « faisant de notre pays le producteur d’électricité le plus puissant en Afrique ».

N. M.