Les experts de JP Morgan le prévoient : 2023 s’annonce florissante pour le gaz algérien

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Les années à venir seront fructueuses pour la compagnie nationale des hydrocarbures. Les prévisions de l’évolution du marché gazier européen en particulier, qui est le premier client de l’Algérie, pour l’année 2023 tablent sur une augmentation importante de la demande en gaz algérien et qui sera suivie par une flambée des prix de ce combustible.

La reprise des investissements de Sonatrach dans l’amont gazier depuis le début de l’année en cours intervient au bon moment et permettra non seulement à la compagnie d’augmenter ses recettes, mais aussi de conquérir de nouveaux marchés. En effet, d’après les observateurs, les pays de l’espace européen vont recourir à l’augmentation des importations en gaz dès le deuxième trimestre de l’année prochaine.

Les réserves ne représentent que 29% de la consommation annuelle

L’explication fournie est la suivante : «Les réserves de stock des pays européens ne représentent que 29% de la consommation annuelle en la matière, autrement dit les pays européens peuvent passer cet hiver au chaud, mais le prochain sera glacial, et pour éviter ce scénario, il est question d’acquérir d’importantes quantités de gaz, soit en GNL soit en gaz naturel pour remplacer le gaz russe».

Autrement dit, les capacités de stockage des pays européens permettront uniquement de répondre à la demande locale pour une durée de trois mois, les pays européens sont dans l’obligation de recourir à l’achat d’importantes quantités de gaz naturel, mais aussi de GNL, pour continuer à remplir les stocks pour l’hiver 2023-2024.

Les analystes du marché gazier s’accordent à dire que le déséquilibre actuel du gaz naturel et les problèmes de demande ne disparaitront pas avant l’hiver prochain, et cela pourrait être encore plus difficile dans les années à venir si les pays européens ne trouvent pas des volumes nécessaires pour le remplissage des stocks et remplacer le gaz russe.

De ce fait, l’Algérie a été présentée comme un candidat favori pour les pays européens pour garantir l’approvisionnement en gaz, et ce, en raison de sa «fiabilité» et de la richesse dont dispose le pays en la matière, mais aussi pour sa position stratégique proche du vieux continent, ce qui aura un impact sur les prix.

Le patron d’ENI avait déjà mis en garde

Dans ce sens, le directeur général du groupe italien ENI, Claudio Descalzi, a déclaré le mois dernier que «la baisse des prix du gaz en Europe ces derniers mois pourrait ne pas durer : le réapprovisionnement pour l’hiver prochain sera beaucoup plus difficile. En 2023, il y aura de gros problèmes, car il n’y aura pas de gaz russe. Dans ce contexte par exemple, il sera essentiel pour l’Italie de doubler le flux de gaz en provenance d’Algérie» .

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En fait, avec l’entrée en exploitation d’importants projets dans le secteur gazier dès le début de l’année prochaine, permettant une augmentation de la production de l’ordre de 10 milliards m3 tout au long de l’année, sans parler de sa production en GNL dont elle est l’un des importants fournisseurs dans le monde, l’Algérie s’apprête à jouer un rôle prépondérant dans la résolution de l’équation énergétique européenne.

Un rôle qui sera bénéfique à la fois pour les pays européens et la compagnie nationale des hydrocarbures qui verra ses recettes augmenter si on se réfère aux dernières prévisions du cabinet d’analyse américain JP Morgan concernant l’évolution des prix du gaz durant l’année prochaine. «Le prix du TTF devrait atteindre 165 dollars/MWh au premier trimestre 2023, 150 dollars au deuxième trimestre, 175 dollars au troisième et 190 dollars au dernier trimestre de l’année prochaine», indique le cabinet américain dans son dernier rapport.

Par Abdellah B.