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Les exportateurs espagnols maudissent Sanchez

Sanchez

Le revirement de Sanchez à l’égard de la question du Sahara occidental continue de peser lourdement sur l’Espagne, qui pourrait perdre jusqu’à 1.068 millions d’euros d’exportations vers l’Algérie si la crise se poursuit jusqu’à la fin de l’année.

C’est ce que soutient, en effet, le site espagnol Vozpopuli qui a révélé que, les entreprises les plus touchées étaient celles liées aux produits alimentaires comme l’huile de soja ou la viande, des produits semi-manufacturés (papier cartonné ou produits chimiques) ou des appareils mécaniques. Dans son calcul de ce que la crise avec l’Algérie pourrait coûter à l’Espagne cette année, le site Vozpopuli qui se base sur la valeur des exportations de janvier, février et mars 2022, estime que l’Espagne pourrait perdre à l’export entre juin et décembre 1.068.535.303 euros.

Mais, tout en rappelant que les exportations vers l’Algérie ne représentaient que 0,6 % de toutes les ventes espagnoles en 2021, les médias espagnols se sont fait l’écho des complaintes des hommes d’affaires espagnols au sujet de la perte de débouchées pour leurs produits, après la suspension du Traité d’amitié par l’Algérie.

Sonnette d’alarme

Non seulement les hommes d’affaires exportateurs espagnols tirent la sonnette d’alarme, mais aussi critiquent l’absence de réponse diplomatique à une situation qui leur cause des pertes économiques considérables et une perte de position face aux autres concurrents européens. Rien que dans la Communauté valencienne, d’Aragon ou de Castille-La Manche, elles sont plus de 50 entreprises espagnoles qui ont pâti de la suspension des exportations vers l’Algérie indique un consultant commercial qui conseille les hommes d’affaires valenciens ayant des intérêts dans le pays du Maghreb.

Ainsi, parmi les victimes de la crise diplomatique avec l’Espagne figurent des entreprises activant dans l’exportation du marbre. «J’ai 23 conteneurs, issus de deux expéditions, dans le port d’Oran paralysé», explique un homme d’affaires qui a une longue histoire d’exportation de marbre et qui entre deux complaintes, fait de vives critiques sur les actions du gouvernement de Pedro Sanchez et la diplomatie espagnole sur le dossier Algérie.

Un autre exportateur dont l’entreprise fournit à un distributeur algérien la pâte de terre nécessaire à la fabrication du «tajine» fait état d’une commande de 15 conteneurs qui n’ont pas pu quitter le port de Valence, car n’ayant aucune garantie d’encaissement par la banque algérienne. «J’ai été très en colère. Nous perdons le marché que les Italiens, les Portugais et les Français occupent grâce au fait que notre gouvernement a énervé le gouvernement algérien», a-t-il affirmé, en rappelant que sa prévision pour 2022 était d’envoyer jusqu’à une centaine de conteneurs vers le port d’Alger.

Quatre autres entreprises sont concernées, avec un total de 30 conteneurs toujours bloqués dans le port voisin. «Les conséquences sont graves. C’était un pays qui était une soupape d’échappement pour les matériaux et les matières premières d’Alicante», commente un transitaire.

«Avant, on déplaçait un navire tous les 10 jours avec environ 100 conteneurs et maintenant un navire part tous les 20 jours et avec 10% du chargement», commente aussi José Carlos Rodriguez, de la compagnie maritime Maghreb Container International (MCI).

Aussi, des personnalités politiques se sont élevées à Madrid pour dénoncer le changement de position espagnol face à la question du Sahara Occidental qu’ils jugent nuisible aux intérêts de l’Espagne. La dernière personne à s’exprimer sur ce sujet est l’ancien ministre espagnol de la Défense, Federico Trillo, qui a sévèrement réprimandé le Premier ministre et a déclaré que sa parole était «sans valeur». Pour sa part, le journal numérique espagnol, El Independiente, a révélé qu’il y avait de l’agacement au ministère espagnol des Affaires étrangères (MAEC), en raison de la position du Premier ministre espagnol.


A. R.

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