Les IDE en Algérie : pourquoi ça peut marcher

0
14

/La question des investissements directs étrangers a été abordée hier par le Premier ministre, M. Benabderrahmanne, en soulignant le  faible impact (1,3%) des IDE dans l’investissement économique du pays.

Les atouts économiques de notre pays sont nombreux. Depuis un certain nombre d’années, les différents cabinets d’experts ont mis en avant un certain nombre de points qui pourraient générer un flux important d’investissements vers l’Algérie. D’abord et avant tout, la position géographique de notre pays qui pourrait le transformer en véritable interface entre Europe et Afrique. Nous pouvons énumérer plusieurs paramètres favorables à notre économie. Ainsi, la taille importante du marché national, les faibles coûts des intrants énergétiques (gaz, carburants et électricité) et surtout l’assurance de leur disponibilité dans un contexte de crise énergétique mondiale ainsi qu’une main-d’œuvre qualifiée et bon marché soutenue par la baisse du taux du dinar face aux devises étrangères. Des nouvelles réformes visant à encourager les investissements étrangers ainsi que divers dispositifs incitatifs pour encourager l’investissement sont toujours attendues par nos divers partenaires. Surtout que les barrières auxquelles fait face l’investisseur étranger sont multiples et variés. En premier lieu, c’est l’administration et sa lenteur qui sont pointées du doigt, viendra ensuite la complexité de la législation, notamment fiscale, et une incertitude dans l’interprétation de certains contrats. L’accès au foncier industriel et une mauvaise évaluation par les agences internationales ne sont pas faits pour inciter l’investisseur étranger. Bien évidemment, comme l’a souligné le Premier ministre, l’approche relative aux investissements en Algérie, devra se reposer sur le principe «gagnant-gagnant», rappelant que la loi sur l’investissement sera prochainement présentée au Parlement pour adoption. Echaudé par certaines expériences notamment dans le secteur des télécommunications, l’Algérie compte offrir plus de facilitations aux investisseurs qui se tournent vers l’export, du moins pour une partie de leur production ou services. «Désormais, l’Algérie ne supportera plus les grands transferts de bénéfices de certaines sociétés installées en Algérie, qui ont investi entre 50 et 60 millions de dollars, alors qu’elles effectuent des transferts de plus de 200, voire 250 millions de dollars par an», a indiqué M. Benabderrahmane, à ce propos.

Un contexte post Covid favorable 

Sur le plan international, le contexte post crise sanitaire a sensiblement bousculé les équilibres du commerce mondial. La concentration de l’ensemble des producteurs de biens de consommations en Asie a des dizaines de milliers de km du continent européen a donné à réfléchir aux gouvernants européens d’une part et aux multinationales qui ont délocalisé massivement leur production dans cette partie du monde. A ce titre, l’Algérie pourrait jouer la carte de la proximité avec le continent européen «en mettant en place des zones d’activité au profil des firmes multinationales qui souhaitent produire des biens de consommation destinés aux 750 millions d’Européens», estime un analyste, qui rajoute que «les coûts de transport maritime et prochainement les surcoûts liés à la taxe carbone sur les transports maritime impacteront la production en provenance d’Asie». Reste à l’Etat de tracer une stratégie qui définit les secteurs d’activités prioritaires. En plus des hydrocarbures, l’industrie de transformation agro-alimentaires, la chimie et les différentes industries impliquant un fort potentiel en main d’œuvre sont sans doute des pistes à étudier.

C. S.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici