L'Algérie Aujourd'hui
A la Une Dernières infos

Les Italiens misent sur l’hydrogène vert algérien

/«À l’avenir, l’Afrique du Nord pourrait également devenir une plaque tournante pour la production d’énergie solaire et d’hydrogène vert.» Ces propos ont été tenus hier en Italie par Marco Alvera, PDG de la Snam, nouvel actionnaire du gazoduc algéro-italien, Transmed.

Un communiqué commun avec l’autre géant italien des hydrocarbures, ENI, annonce un accord historique entre les deux sociétés. La Snam, plus grand groupe européen d’infrastructures gazières, a annoncé hier qu’il verserait à la société énergétique ENI 385 millions d’euros (436 millions de dollars) pour une participation de 49,9% dans le gazoduc afin de contrôler conjointement les actifs avec sa compatriote italienne. L’objectif avoué de la démarche de l’italien Snam, à travers cette prise de participation dans le gazoduc transportant du gaz algérien vers l’Italie, est d’ouvrir la voie aux importations d’hydrogène d’Afrique vers l’Europe. En clair, il est clairement envisagé du côté italien d’utiliser le gazoduc trans-Méditerranée pour des livraisons en hydrogène produit en grande quantité en Algérie pour alimenter l’Europe avec ce nouveau combustible. Disposant d’une base d’actifs réglementaires d’environ 4,5 milliards de dollars, la Snam souhaite plaire à d’autres investisseurs en infrastructures cherchant à parier sur l’abandon des combustibles fossiles à l’échelle mondiale, car les sites de la Snam peuvent être utilisés pour stocker de l’hydrogène et les transformer en véritable plateforme internationale pour sa commercialisation. Selon son site officiel, «la Snam vise à ne transporter que du gaz décarboné d’ici 2050». Du côté de l’ENI, cette opération permettrait, selon les spécialistes, de réduire sa dette et, d’un autre côté, financer sa transition vers une énergie à faible émission de carbone. Claudio Descalzi, directeur général d’ENI ne s’en cache pas. Selon lui, «cette transaction nous permet de libérer de nouvelles ressources à utiliser sur notre chemin de transition énergétique».

Sonatrach – ENI : partenariat sur l’hydrogène acté

En mars dernier à Milan, un protocole d’accord a été signé par les deux sociétés. Ce dernier met l’accent sur la production d’hydrogène. A l’issue de la rencontre, une feuille est tracée, et comme l’a précisé le groupe italien dans son communiqué, «l’hydrogène vert est au centre de ce partenariat». Quelques mois plus tard, début juillet précisément, une rencontre se tient à Alger. Le PDG de Sonatrach, Toufik Hekkar, côté algérien, et le manager général d’ENI – Natural Resources, Alessandro Puliti, côté italien, sont les deux protagonistes de cet important rendez-vous. A l’issue de la rencontre, Sonatrach et ENI ont posé les jalons de la future collaboration dans le domaine de la production de ce combustible vert. Concrètement, les deux parties ont procédé à «l’évaluation conjointe de la faisabilité technique et commerciale d’un projet pilote de production d’hydrogène à partir d’électricité produite à partir de sources renouvelables.» Quant à l’utilisation des ressources aquifères, une source proche du dossier avait tenu à rassurer la population locale en précisant que «les ressources en eau du pays allaient être préservées». Selon lui, «l’utilisation de l’eau produite par les champs pétrolifères sera évacuée pour les procédés d’électrolyse nécessaires à la production d’hydrogène, après avoir été convenablement traitée par des usines dédiées». Hier, c’était la troisième étape du projet qui se mettait en place. En se délestant en partie de ses parts sur le gazoduc, l’ENI pourra désormais mobiliser des financements importants pour ses investissements pour la production d’énergie verte d’une part et aider la Snam à moderniser l’ensemble du réseau afin d’être prêt à alimenter l’Europe en hydrogène produit en Algérie   

C. S.

– Le gazoduc est la propriété de Sotugat pour la partie tunisienne (100% ENI), de Sonatrach pour la partie algérienne, de TMPC Ltd (joint venture ENI-Sonatrach à 50/50) pour la partie sous-marine, de la Snam Rete Gas pour la partie italienne. – Les sociétés pipelinières impliquées dans l’opération ont réalisé un bénéfice net d’environ 90 millions d’euros en 2020.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez refuser si vous le souhaitez. Accepter En savoir plus