Les services de réanimation saturés

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/Les contaminations au Covid-19 sont en hausse. Dans les établissements hospitaliers de la capitale, le nombre de cas a doublé, triplé et quadruplé dans certains autres services  

610 cas enregistrés hier. C’est la première fois que l’Algérie dépasse la barre des 600 cas depuis la parution du variant Omicron. La situation est grave et elle le sera encore plus dans les jours à venir. Si les différents établissements de production d’oxygène sont réquisitionnés, à partir de lundi, pour assurer l’approvisionnement continu de l’ensemble des établissements hospitaliers en oxygène médical, en riposte à la résurgence de la pandémie Covid-19, les hôpitaux commencent à saturer. Si les contaminations continuent à augmenter avec le même rythme, on risquerait de se retrouver obligés de refouler les malades aux portes des établissements… à moins que Benbouzid, outre ses appels à la vaccination,  ait prévu «un plan catastrophe» pour éviter que les malades ne soient laissés pour compte. Va-t-on retourner au confinement ? Serions-nous obligés de fermer les écoles et les espaces publics ? Aura-t-on le courage d’imposer le vaccin aux Algériens ?… En attendant les annonces du ministère de la Santé, voilà la situation dans les grands hôpitaux d’Alger.

Pr Hayel (Mustapha Pacha) : «On reçoit des familles contaminées par leurs enfants scolarisés»

Dans ce cadre, le chef de service Covid-19 au Centre Hospitalo-Universitaire (CHU) Mustapha Pacha, Pr Kamel Hayel a indiqué dans une déclaration à l’APS que le service qui accueillait en décembre dernier de 8 à 9 cas par jour, accueille désormais une moyenne quotidienne de 17 à 20 cas, soit le double. Ce chiffre est multiplié par 2 ou 3 dans d’autres établissements, comme Blida et Béni Messous, c’est pourquoi Pr Hayel met en garde contre la situation pandémique prévalant ces derniers jours. «La plupart des cas admis à mon unité de soins, sont des familles contaminées par des enfants scolarisés» qualifiant ces cas de «potentiellement graves», en ce sens que ces personnes recourent souvent à l’automédication. «Ils refusent malheureusement de se rendre aux établissements hospitaliers et 85 à 90% des cas hospitalisés ne sont pas vaccinés, 10% seulement ont reçu les deux doses de vaccin, a-t-il précisé.

Pr Idder (Béni Messous) : «Notre service réanimation est saturé»

Le CHU Issaâd Hassani de Béni Messous est dans une situation plus critique. Il  enregistre selon son chef de service de médecine du travail et des activités médicales et paramédicales, Pr Cherifa Idder, un total de 136 patients et la saturation du service de réanimation, prévoyant l’aménagement d’autres services pour faire face à la pandémie. Selon la même responsable, le CHU Issaâd Hassani a mobilisé neuf services pour la prise en charge des cas Covid-19, dont des services pédiatrie où 5 cas sont hospitalisés, le service gynécologie et des services cardiologie. Selon Pr Idder, les cas admis bien que soumis à une longue hospitalisation ne nécessitent pas une oxygénothérapie, relevant une baisse des décès par rapport à la troisième vague. Elle a également regretté l’enregistrement de plusieurs contaminations parmi le personnel médical, ce qui pourrait entraver le bon fonctionnement des services. 

Parnet et Zéralda saturés

L’EPH Moussa Zeghdoudi de Zéralda fait état d’un taux d’occupation des lits de 91% (53 lits sur 60). Le directeur général de l’Etablissement public hospitalier annonce une saturation à 100% du service réanimation, prévoyant une hausse des chiffres les jours à venir notamment avec la réticence des citoyens à se faire vacciner. Pour sa part, le chef du service de réanimation à l’établissement hospitalier, Nafissa Hammoud (Ex-Parnet), Ayech Achour Toufik, a également évoqué une augmentation du nombre de cas dans le service d’examen médical du Covid-19, passant de 10 et 15 cas durant le mois de décembre dernier à une moyenne de 48 à 50 cas ces derniers jours, faisant état de la saturation du service de réanimation tout en prévoyant l’extension du service en vue de répondre à la demande. Il a évoqué, en outre, la longue durée de séjour des cas à l’hôpital, qui oscille entre 20 et 35 jours, relevant que cela «prive» d’autres patients, notamment ceux en situation difficile, de bénéficier d’un lit au niveau de l’établissement.

R. N.

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Dr Derrar : «Tous les décédés étaient non vaccinés !»

La bataille continue ! Alors que le nombre des contaminés ne cesse de grimper ces derniers temps, le Directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie, Dr Fawzi Derrar, a assuré que la vaccination est la solution pour pouvoir contrôler cette crise sanitaire qui dure depuis presque deux ans. Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, le premier responsable de l’Institut Pasteur a fait une grosse révélation en déclarant : «Toutes les personnes décédées sont des non vaccinés. Ce n’est pas logique qu’en Algérie nous continuons à perdre des vies car les personnes touchées par le virus n’ont pas fait le vaccin alors qu’il est disponible. Ceux qui sont placés sous assistance respiratoire n’ont pas été vaccinés, pourquoi en arriver à une telle situation alors qu’ils disposent de la solution pour l’éviter. Ils peuvent avoir leurs doses et disposent aussi de tout le temps qu’il faut pour les prendre, nous nous demandons pourquoi ils s’entêtent à ne pas le faire. En campant sur leurs positions de ne pas se faire vacciner, c’est eux les grands perdants. Il faut avoir un minimum de conscience et faire ce qu’il faut pour sortir de cette crise, une crise sanitaire qui perdure. La seule option pour contrôler le virus, c’est de se faire vacciner. Nous lançons un nouvel appel et nous espérons que cette fois ci tous ceux qui ne l’ont pas fait changeront d’avis et se présenteront au niveau des endroits réservés exclusivement à cette opération afin de faire ce qu’il faut. En le faisant, ces personnes là se protégeront et protégeront aussi leurs proches ainsi que ceux qui luttent contre le coronavirus.»

Quelques jours auparavant, c’est le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, qui a tiré la sonnette d’alarme. Le premier responsable du secteur a déclaré : «J’insiste sur la vaccination parce qu’elle demeure, le seul moyen pour le moment, peut-être pour ne pas réduire le nombre de personnes contaminées, mais certainement pour réduire celui des cas graves.» Et d’ajouter : «Ceux qui sont intubés, c’est zéro vacciné».

5 millions de doses seront reçues la semaine prochaine

Durant son passage sur les ondes de la Radio nationale hier matin, Fawzi Derrar a assuré que l’Algérie recevra cinq millions de doses de vaccins (AstraZeneca et Johnson), et la réception est prévue pour la semaine prochaine. Il faut dire que les autorités ne baissent pas les bras devant le peu d’engouement de nos citoyens à se faire vacciner. Le ministre de la Santé a annoncé tout récemment qu’il y aura une nouvelle campagne de sensibilisation pour relancer la vaccination.

F. C.