Les stations de dessalement couvriront 80% des besoins à partir de 2025 : Alger va s’affranchir de l’eau de pluie

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Les stations de dessalement couvriront 80% des besoins à partir de 2025 : Alger va s'affranchir de l'eau de pluie

PAR ADEL C.

Le ministre des ressources en eau et de la sécurité hydrique, Taha Derbal, a fait le point sur la situation hydrique, apportant plusieurs éclaircissements à ce sujet. Il a notamment assuré que sur instructions du président de la République, tous les moyens ont été mis à la disposition des responsables de ce secteur afin de gérer cette situation du mieux possible.

M. Derbal est revenu également sur l’importance des nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer. A ce sujet, il a révélé qu’Alger n’aura bientôt presque plus besoin de l’eau des barrages. « A titre d’exemple, lorsque les stations de Fouka 2 et Cap Djinet 2 seront en service, la capitale sera approvisionnée à 80% par l’eau de mer dessalée », a-t-il ainsi indiqué.

A propos de ces stations, dont l’entrée en service est prévue début 2025, il a tenu à faire ce rappel lors de son passage sur une émission de la chaîne TV Echorouk News : « Actuellement, nous avons 26 stations de dessalement de l’eau de mer au niveau national qui produisent jusqu’à 2,3 millions de m3 par jour. Cinq stations sont en cours de réalisation à El-Tarf, Béjaïa, Oran, Boumerdès et Tipaza dont chacune produira 300.000 m3/jour. Elles auront un effet sur les villes côtières, mais aussi sur celles de l’intérieur. »

«6 nouvelles stations seront réalisées en 2024»

Taha Derbal a ajouté : « Il y a une étude pour que six stations soient également réalisées et que les travaux de construction commencent début 2024. Ils s’achèveront en décembre de la même année, si tout se passe comme prévu. » Si tous ces efforts sont en train d’être faits sur le terrain, c’est pour que l’approvisionnement soit assuré le plus longtemps possible dans toutes les régions du pays, comme l’a assuré le ministre : « Les programmes d’approvisionnement en eau ne sont pas fixes. Ils peuvent changer, tout dépend de la situation.  En tout cas, sachez que nous, nous aimerions même que l’eau coule des robinets 24h/24. »

«Le taux de remplissage des barrages est de 30,32%»

Questionné à propos du taux de remplissage des barrages, Taha Derbal a répondu : « L’Algérie dispose de 81 barrages dont le taux de remplissage actuellement est de 30,32%. Oui, il y a eu une baisse mais l’Etat a mis tous les moyens pour gérer cette situation du mieux possible. Ce n’est pas facile à cause l’absence de pluies. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que des fois, nous avons besoin de certaines quantités d’eau dans des barrages, plus que d’autres. A titre d’exemple, le barrage de Koudiat Asserdoune qui approvisionne les wilayas de Médéa, Bouira, Tizi Ouzou et M’sila s’est presque totalement vidé. Cette situation a certes des répercussions, mais nous cherchons toujours des solutions pour la gérer du mieux possible. Oui, il y a des perturbations au niveau de l’alimentation de certaines régions. Seulement, jusquelà, nous continuons quand même à les servir en eau potable. »

Il faut savoir aussi, explique le ministre, que les stations de dessalement, même si elles sont implantées dans des villes côtières, servent aussi les régions intérieures du pays. Des régions se trouvant à 150 km de ces stations. « Par exemple, la station de Cap Djinet, actuellement en cours de réalisation, pour 300.000 m3/jour, sera reliée au barrage Koudiat Asserdoune. Cela veut dire que l’eau produite arrivera jusqu’à M’sila, Bouira, Médéa et Tizi Ouzou », indique M. Derbal. Pour faire face au stress hydrique, le ministre a assuré que des mesures sont prises périodiquement : « La première décision remonte à deux mois déjà.

On a fait baisser les quotas d’eau pour ne pas rester à sec. D’autres solutions ont été trouvées, la commune de Berrouaghia est servie par le barrage de Ghrib. A Tizi Ouzou, une station de dessalement d’une capacité de 60.000 m3/jour est en cours d’étude pour qu’elle soit réalisée. » Toutes ces démarches ont pour but de bien gérer cette période en attendant que les pluies reviennent pour remplir à nouveau les barrages.

A. C.