Les zones industrielles, les silos de stockage de céréales, les installations de Naftal… seront raccordés au réseau ferroviaire : L’économie se connecte au rail

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Ligne ferroviaire

PAR NABIL M.

Pour raccorder les infrastructures vitales du pays, l’Etat mise aujourd’hui sur un maillage optimal du territoire national par le réseau ferroviaire, dans la perspective de créer les conditions d’un développement économique à la fois efficace et équilibré.

Un programme ferroviaire national a été tracé par les pouvoirs publics, afin de raccorder à terme la totalité des régions du pays et donner un nouvel élan à la dynamique commerciale, économique et à la mobilité à l’échelle nationale et surtout donner à ce mode de transport en Algérie une portée continentale. Il s’agit aussi de réaliser certaines lignes logistiques pour relier les ports, les zones d’activité, les zones industrielles et les sites miniers, ainsi que les pôles pétroliers au réseau ferroviaire national.

L’agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif) travaille actuellement sur des projets de raccordement des nouvelles zones industrielles et nombre d’installations relevant de Naftal, ainsi que d’autres infrastructures vitales à travers le pays, au réseau ferroviaire, selon ce qu’a affirmé à l’APS le chargé de communication de cette agence, Mazar Abdelkader.

Raccordement des silos de stockage de céréales

Parmi les infrastructures importantes qui devront être raccordées au réseau ferroviaire, figurent les silos de stockage de céréales relevant de l’office algérien interprofessionnel des céréales (Oaic). L’Anesrif a ainsi lancé sept projets de raccordement de ces silos, dont trois qui seront réceptionnés prochainement, à El-Khroub (Constantine), Bouchegouf (Guelma) et Bazoul (Jijel).

Ces lignes de raccordement sont prises en charge par la société nationale de réalisation d’infrastructures ferroviaires (Infrarail) et la société d’ingénierie urbaine d’Alger, sous le suivi et le contrôle de la société d’études techniques et d’ingénierie ferroviaire. Quatre projets similaires sont prévus sous peu, pour le raccordement des silos situés à Teleghma (Mila), Oued Tlélat (Oran), Aïn Tallout (Tlemcen) et Hameurlaïne (Tipaza), a fait savoir le responsable de l’Anesrif, rappelant que ces projets s’inscrivent dans le cadre du renforcement du réseau logistique ferroviaire, conformément aux orientations de l’Etat visant à accroître les capacités de stockage et de transport des céréales afin d’assurer leur disponibilité sur l’ensemble du territoire national.

Un objectif de transporter plus de 260 millions de tonnes de marchandises

Le transport ferroviaire a été hissé en un véritable accélérateur de développement en Algérie, à la faveur d’importants programmes lancés au fil des années. Le développement du réseau ferroviaire a connu une avancée considérable, passant de 1700 km en 2000, à 4000 km en 2021 pour arriver à 4722 km en 2023. Dans quelques années, le réseau arrivera à atteindre 6500 km puis à 15.000 km d’ici la fin du programme, selon les chiffres de l’Anesrif.

Le réseau qui relie plusieurs sites de production et des infrastructures portuaires, par lesquels transitent des tonnes de marchandises, ambitionne de transporter, dans un avenir proche, 266 millions de tonnes par an. La ligne nord, qui est considérée comme le réseau principal du réseau ferroviaire algérien et le point de départ pour les diverses lignes pénétrantes nord-sud, traverse 22 wilayas sur 1250 km et relie neuf grands ports au réseau ferroviaire national. Il s’agit entre autres des ports d’Oran, Mostaganem, Tipaza, Alger, Boumerdès, Béjaïa, Jijel, Skikda et Annaba. Pas moins de 759 km des tronçons de cet axe et ses dessertes sont au stade de réalisation.

Les lignes minières est et ouest

Le réseau ferroviaire de l’Algérie est tracé pour relier également les gisements et mines des quatre coins du pays, à travers deux lignes minières ; une à l’est et une autre à l’ouest. La ligne minière de l’est est vitale pour les mines situées dans le sud-est du pays, s’étirant depuis Annaba dans le nord jusqu’à la région de Djebel Onk dans la wilaya de Tébessa, sur une longueur de 422 km. Elle relie les mines de fer d’Ouenza et Boukhadra et celles de phosphate de Bled El-Hadba et Djebel Onk.

Sur la ligne minière ouest, le réseau ferroviaire s’étire d’Oran au nord jusqu’à Gara Djebilet au sud, sur une distance de 1650 km. Le tronçon reliant Oran à Béchar sur 700 km a été mis en service récemment, alors que le second tronçon, divisé en trois sections, fait l’objet de travaux d’extension sur 950 km. Outre ces lignes minières, plusieurs pénétrantes sont également importantes pour le raccordement d’infrastructures vitales, notamment pour celle de l’est qui relie le port de Skikda et celui de Djendjen au pôle pétrolier de Hassi Messaoud sur une distance de 807 km. Pour la pénétrante centre, c’est une ligne transsaharienne qui relie Alger aux frontières algéro-nigériennes sur une distance de 2439 km.

N. M.