Levée des subventions : La classe moyenne inquiète…

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P Achat

/L’inquiétude gagne de plus en plus les foyers depuis le vote de la loi de finances 2022. Ni les amendements apportés à l’article 187, ni les assurances du Premier ministre quant à un ciblage des aides n’arrivent à rassure.

Si aucune information n’a filtré sur le seuil des ménages qui seront ciblés par ces compensations financières, ni sur les montants qui leur seront alloués, des lectures commencent à se faire par rapport à des signaux qui n’auraient pas été perçus à leur juste valeur au moment de leur émission. Et à ce titre, il y a lieu de citer une étude effectuée, il y a plus d’une année, par un comité de pilotage qui avait établi un seuil de 120 000 DA pour être bénéficiaire des subventions. Il y a cinq ans de cela ou plus, ce seuil aurait rassuré plus d’un. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui car, là, on parle d’un ménage et non d’un individu, dans un contexte qui a complètement été chamboulé. Même les plus avertis ne pouvaient le prévoir. Dans un ménage, il est question du cumul des salaires d’un couple. Avec tout ce que cela engendre comme dépenses supplémentaires. Car un couple actif implique, contrairement à ce que l’on pourrait penser, des frais supplémentaires pour la garderie des enfants, les frais de transport ou des déplacements,… . En général, dans un couple actif, le foyer dispose, au moins, d’un véhicule. Donc, des frais de carburant dépendant de l’éloignement du domicile du lieu de travail, et du nombre de navettes à effectuer au quotidien, sachant que l’un des produits qui seront touchés par la levée des subventions, sera le carburant. Et quand bien même celui-ci ne bénéficie pas d’une subvention directe, car n’étant mentionné dans aucune loi de finances, ce sera le chapitre le plus pesant sur le besoin des ménages qui auront à supporter l’inflation qui frappera les produits de premières nécessité.  C’est dire que de gros sacrifices attendent les algériens dans les mois à venir. Des sacrifices qui seront vécus différemment, selon que l’on soit habitues aux privations ou pas.  Des sacrifices qui auraient été vécus même sans cette loi de finances 2022. Sauf que le choc risque d’être plus fort. Toucher plus de 120 000 DA de nos jours, pour un ménage de surcroit, ne veut plus forcément dire être à l’aise. Surtout si le couple démarre de rien du tout : des études supérieures et un diplôme en poche, et une vie qui s’ouvre avec plein de rêves. Des rêves qui risquent  fort de s’estomper bientôt… .  Il se trouve que ces ménages qui se situeraient dans la classe moyenne représentent la grande majorité des foyers algériens. Dans Des ménages dont la plus part payent des loyers de 40 000 à 50 000 DA, quand ils ne versent pas, carrément, cette somme, ou plus, à la banque pour rembourser le crédit immobilier, contracté pour l’acquisition d’un logement LPP ou LSP. Car, faut-il le souligner, les ménages dont la fourchette de revenus se situe à 120 000 DA/mois sont exclus du cadre des logements ADL. Le pouvoir d’achat des Algériens est déjà sérieusement ébranlé par l’inflation qui s’est installée depuis quelque temps, et qui a pris une sérieuse ascension ces deux dernières années. Et la classe moyenne qui représente une large majorité de la population n’en est pas exclue. Bien au contraire. Cette frange de la population qui se compose de cadres et d’universitaires risque d’être frappée de plein fouet pas un mode de vie qui ne cadre plus avec leurs ambitions, ni avec un quotidien déjà fragilisée par les injustices sociales, les privations, et  l’inflation induite par la baisse de la valeur du dinar. En l’absence d’une feuille de route claire et juste, les lendemains restent incertains… . Les algériens ont-ils raison d’être inquiets ?

B.A

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