Ligne maritime, réseau routier, projets d’investissement communs… L’intégration économique se dessine déjà

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Par Abdellah B.

 L’Algérie, la Tunisie et la Libye forment un nouveau bloc économique dans la perspective de répondre aux défis actuels et à venir auxquels font face les populations des trois pays.

Dans la déclaration finale de la réunion des présidents des trois pays hier à Carthage en Tunisie, l’accent a été mis sur la nécessité de «renforcement de la coopération économique entre les trois pays pour la formation d’un bloc économique capable de répondre aux aspirations des populations des trois pays». Une déclaration qui intervient dans un contexte mondial qui impose l’intensification et l’unification des efforts pour mettre sur le rail des projets communs en faveur du développement économique des populations des trois pays et de la mise en valeur de leurs richesses.

Dans la déclaration de Carthage, l’accent a été mis sur la nécessité de la mobilisation de tous les moyens pour garantir la sécurité énergétique et hydrique des trois pays et la levée des entraves pour faciliter les échanges économiques. En fait, cette démarche marque le début d’une nouvelle ère de coopération entre les pays de la région pour reprendre en main leur destin et se positionner en bloc sur un marché de plus de 60 millions d’habitants et qui présente des opportunités pour les entreprises des trois pays.

Intégration

Dans ce sens, les trois présidents ont accordé leurs points de vue pour l’«intégration économique, le lancement de projets d’investissement communs dans des secteurs prioritaires, notamment l’agriculture, l’énergie, le dessalement de l’eau de mer et l’accélération de projets de raccordement de l’électricité entre les trois pays». En fait, l’Algérie et la Tunisie ont déjà pris de l’avance notamment avec la signature en 2021 de la déclaration de Carthage portant sur «l’intégration économique», pour donner un nouveau souffle aux échanges économiques. Pour la Libye, la situation est un peu compliquée, en raison d’une situation sécuritaire complexe, mais les pays ne cessent d’échanger. Récemment, la compagnie nationale des hydrocarbures a repris ses activités d’exploration sur le marché libyen, et Sonelgaz s’apprête à se lancer dans l’exportation de l’électricité sur ce marché, en plus de la réouverture du poste frontalier de Debdab qui est considéré comme étant le point de liaison entre l’Algérie et la Libye. En résumé, les trois pays continuent de fournir de grands efforts pour booster les échanges économiques afin de répondre aux aspirations des populations locales.

Lever les entraves

Et pour une meilleure facilitation des échanges commerciaux entre les trois, pays, le document de la déclaration de Carthage porte sur «le lancement d’une ligne maritime et la réalisation d’un réseau routier pour le transport de marchandises» en plus de la levée de toutes entraves freinant les échanges entre les pays.

En fait, même si cette démarche est un peu tardive, l’intégration économique dans cette région d’Afrique du Nord représente d’importantes opportunités pour les acteurs économiques à la recherche de nouveaux marchés dans un contexte économique mondial marqué par une concurrence très rude. Sur ce point, la déclaration de Carthage montre l’intérêt accordé par les responsables des trois pays respectifs pour la réussite de ce projet de formation d’un bloc économique. Une démarche qui ne serait possible que par la mise en valeur des compétences locales et les performances des acteurs économiques dans les trois pays pour exploiter ce potentiel existant. Il s’agit donc d’une perspective intéressante pour les trois pays, l’Algérie en particulier. D’après les experts, les opportunités de partenariats stratégiques entre les trois pays sont importantes. Sur ce point, les Algériens disposent d’une forte expérience dans le domaine de l’énergie, la Tunisie dans l’industrie manufacturière et la Libye dans le domaine minier, notamment la sidérurgie. Il s’agit donc de trouver cette complémentarité permettant une coopération beaucoup plus efficace en faveur du développement économique de la région.

A.B.