L’ONU veut repenser son rôle de médiation dans les conflits

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L'ONU veut repenser son rôle de médiation dans les conflits

PAR DJILALI B.

La 78e assemblée générale des Nations Unies s’ouvre aujourd’hui à New s’ouvre aujourd’hui à New York, aux Etats-Unis, en présence de plus de 150 chefs d’Etat, souverains et ministres.

Le contexte du déroulement de cette session est en soi un défi, un monceau de défis à relever pour l’instance mondiale pour redorer son blason terni, entre autres, par les injustes pratiques des locataires de son conseil de sécurité.

L’ouverture sera faite ce matin par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres qui abordera dans son allocution, le bilan de cette année de reprise, sur le plan économique, après les effets encore « chauds » de la pandémie de Covid-19, mais aussi de la persistance des crises politiques et sécuritaires et des conflits armés.

Un bilan peu reluisant d’autant plus que l’ONU n’a pas réussi à « imposer » ses solutions, sa
médiation, surtout qu’elle a à son actif de cuisants échecs à résoudre des conflits qui perdurent. Le discours du SG de l’ONU sera suivi par celui du président de cette session de l’assemblée générale, Dennis Francis, président de Trinidad-et-Tobago.

Toutefois, suivant l’ordre du jour de cette session, l’ONU semble reprendre conscience de son rôle – des épisodes qu’elle a ratés- pour adopter une autre approche que soutiennent d’ailleurs de nombreux membres, pour aborder les nouveaux défis liés à des problématiques planétaires. Il sera question principalement du développement durable inscrit au centre du Somment de l’avenir pour l’humanité, prévu pour l’année prochaine.

« Le Sommet de l’avenir nous offre une occasion rare de renforcer la coopération sur des questions essentielles, de combler les lacunes que présente la gouvernance mondiale, de réaffirmer les engagements existants, notamment vis-à-vis des objectifs de développement durable (ODD) et de la Charte des Nations Unies, et enfin de progresser vers un système multilatéral revitalisé, mieux à même d’avoir une incidence positive sur la vie des gens », lit-on dans un document consacré à ce rendez-vous.

« Dans le prolongement du Sommet sur les objectifs de développement durable tenu en 2023, les États membres réfléchiront aux moyens de jeter les bases d’une coopération mondiale plus efficace, adaptée aussi bien aux défis d’aujourd’hui qu’aux menaces de demain », est-il précisé.

La paix et de sécurité au centre des intérêts

Deux éléments retiennent l’attention : « progresser vers un système multilatéral revitalisé » et « jeter les bases d’une coopération mondiale plus efficace ». Ce qui est un aveu de défaillance du système onusien et mondial qui est injuste, inéquitable, déséquilibré et inégalitaire.

Last but not least, l’ONU qui semble véritablement avoir atteint ses limites, voudrait se pencher sur son sort, son avenir parce que ne pouvant continuer dans son fonctionnement actuel qui l’a transformée en faire-valoir pour les puissances et les membres permanents de son conseil de sécurité.

Plus clairement, c’est de la réforme de l’ONU, de ses instances ainsi que de son fonctionnement qu’il s’agit. Un processus d’ailleurs soutenu par une majorité de l’assemblée générale, qui est rarement sollicitée lors de la prise de décisions importantes,
notamment dans les décisions sécuritaires, militaires et dont les conséquences sont partagées ou en partie à la charge de cette majorité.

Pourtant, est-il souvent constaté et relevé, l’effort de médiation est souvent soutenu par ces pays de la majorité, entrepris ou associés avec la caution de l’ONU. Par-delà la prise en charge des questions de développement durable, l’environnement ou encore la problématique de l’accès à l’eau ou aux ressources naturelles qui au cœur d’une course effrénée des puissances pour « la conquête » de l’Afrique, les questions de la paix et de la sécurité et du renforcement du rôle de médiation et de prévention des conflits vont focaliser l’attention des intervenants pour inciter à de franches et courageuses prises de position.

Des pays individuellement ou regroupés en organisations ont déjà pris la place de l’Onu sur le règlement des crises et conflits. Des démarches qui invitent les responsables de
l’ONU à méditer. Il est donc attendu une recomposition de la partition ONU pour donner sa part à chaque son, chaque instrument, pour composer une orchestration équilibrée et un
chœur homogène. L’espoir est-il aussi dans ce cas permis.

D. B.