Lutte contre la corruption : L’Etat met en place sa stratégie et lance un appel

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Lutte contre la corruption : L'Etat met en place sa stratégie et lance un appel

«Pas normal que des pays nous demandent de lutter contre la corruption et refusent de nous aider à récupérer les fonds détournés»

L’Algérie a lancé, hier au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif Rahal, sa Stratégie nationale de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (2023-2027).

Une initiative qui vient couronner le processus juridique et institutionnel mis en place par l’Algérie, traduisant l’engagement du pays en matière de lutte contre la corruption.

L’Algérie a lancé, hier au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif Rahal, sa Stratégie nationale de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (2023-2027). Une initiative qui vient couronner le processus juridique et institutionnel mis en place par l’Algérie, traduisant l’engagement du pays en matière de lutte contre la corruption.

PAR BRAHIM AZIEZ

Présidée par le premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, la cérémonie de lancement solennel, est intervenue en marge d’un Forum organisé par la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLCC), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), sous le thème Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, 20 ans après : Réalisations et perspectives ».

Renforcement de la transparence

Il est utile de rappeler que cette Stratégie s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des orientations du Président Tebboune qui a clairement affiché son intention de créer un climat politique, social et économique anti-corruption, à même d’édifier un Etat de droit où règneraient les principes d’intégrité, de transparence et de reddition de comptes.

Selon un document de la Haute Autorité de lutte contre la corruption (HATPLCC), cette stratégie repose sur cinq principes, dont découlent 17 objectifs et 60 projets, axés sur le renforcement de la transparence et de la moralité de la vie publique, notamment à travers la consécration de l’intégrité du fonctionnaire public et de la reddition de comptes dans la gestion des affaires publiques, outre le renforcement de la transparence et de l’intégrité dans le secteur économique par la prévention et la lutte contre le blanchiment d’argent.

La même stratégie veille, également, à encourager la coopération internationale et à recouvrer les avoirs, notamment en renforçant les mécanismes de recouvrement des avoirs et de leur gestion à travers la mise en place d’un cadre juridique pour suivre la gestion des fonds saisis ou confisqués, tout en assurant un soutien au rôle et aux capacités des dispositifs de contrôle et des autorités d’application de la loi.

Sur ce sujet, le premier ministre qui a ouvert l’évènement a lancé un appel en direction des pays impliqués dans la lutte contre la corruption : « Nous demandons à tous les organes et pays où sont domiciliés les fonds détournés dans le cadre de la corruption de nous aider à les récupérer. Il dira, toutefois, qu’il n’est « pas normal que ces pays nous demandent de lutter contre la corruption et refusent de nous aider à récupérer les fonds détournés en offrant même parfois un refuge à cet argent ».

Car, pour le Premier ministre, « la corruption est un phénomène transnational aux ramifications et formes multiples, d’où la nécessité d’une planification stratégique reposant sur des bases et des méthodologies scientifiques, en s’inspirant des expériences des autres pays et en coopérant avec les organisations activant dans ce cadre ». Et à ce propos, il appellera les partenaires étrangers à aider l’Algérie à récupérer ses fonds détournés vers leurs pays.

Dans le même sillage, le Premier ministre ajoutera que « l’Algérie a veillé à renforcer sa présence dans les fora internationaux et les organes africains de lutte contre la corruption ».

Moralisation de la vie socioéconomique

Aïmene Benabderrahmane soulignera dans son intervention, que la Constitution de 2020 « a prévu plusieurs mesures et dispositions relatives à la prévention et à la lutte contre la corruption, conformément aux conventions internationales ratifiées par l’Algérie, et différents articles pertinents, dont ceux inhérents à la protection de l’économie nationale contre toute forme d’abus, la promotion du rôle de la société civile pour l’associer à la gestion des affaires publiques, l’obligation de déclaration des biens et la prévention des conflits d’intérêts, en veillant à ce que les fonctions et les mandats au sein des institutions de l’Etat ne soient pas une source d’enrichissement ni un moyen pour servir ses propres intérêts ».

Il fera observer que le gouvernement « a inscrit la lutte contre la corruption et la moralisation de la vie socioéconomique au cœur de son plan d’action annuel, à travers la mise en place de réglementations et de procédures visant, directement ou indirectement, à assurer la transparence de la gestion des deniers publics, à bannir le népotisme et le clientélisme et à mettre la politique à l’abri de l’argent sale ».

B. A.