Lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale au Sahel : Escale à Alger pour redynamiser le Cémoc

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Lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale au Sahel : Escale à Alger pour redynamiser le Cémoc

PAR DJILALI B.

L’Algérie veut redynamiser le mécanisme militaire commun de la région du Sahel, le comité des états-majors opérationnel conjoint (Cémoc) qui a tenu, mardi, une session extraordinaire de son conseil des chefs d’état-major des pays du Cémoc, l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger. Intervenant après l’ouverture des travaux, le chef d’état-major de l’ANP, le général d’armée Saïd Chanegriha, a souligné que le conseil des chefs d’état-major des pays membres, constitue un cadre de haut niveau, pour évaluer, échanger et orienter les démarches nécessaires, à même de conférer à cet important mécanisme de coopération sécuritaire davantage d’efficacité, selon un communiqué de la défense.

« Il est clair que le conseil des chefs d’étatmajor des pays membres, constitue un cadre de haut niveau pour évaluer, échanger et orienter les démarches nécessaires, à même de conférer à notre mécanisme de coopération sécuritaire davantage d’efficacité à travers l’adoption des modalités pratiques qui s’imposent dans ce domaine », a indiqué le patron de l’ANP, qui a rappelé la session précédente, en octobre 2022, qui s’est tenue aussi à Alger, dont le but était d’entériner les textes régissant le comité pour promouvoir la coopération sécuritaire et la coordination des actions de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale, entre autres.

Il a par ailleurs rappelé l’engagement de l’armée algérienne à coordonner ses efforts avec ses partenaires dans ce mécanisme, dès lors qu’il s’agit dans ce combat « de fédérer les efforts et coordonner nos interventions (…) avec la possibilité de se soutenir mutuellement, selon les moyens disponibles, dans l’objectif de protéger notre espace géographique et renforcer la sécurité nationale de nos pays respectifs ». Cette session extraordinaire a constitué une opportunité pour les chefs des délégations d’exposer et d’échanger les analyses et points de vue sur le contexte prévalant dans la zone d’intérêt, ainsi qu’aux niveaux régional et international, a indiqué la même source.

Initiée par l’Algérie, cette session intervient dans un contexte régional marqué par la persistance de l’instabilité politique, la recrudescence des attaques terroristes malgré les coups que lui portent les armées des pays de la région, mais surtout le retrait des troupes françaises de l’opération Barkhane, du Mali et du Niger, des forces onusiennes de la Minusma, au Mali, alors que la force G5 Sahel mise en place par la France n’a jamais atteint le niveau opérationnel. Cependant, l’offensive française et son initiative de créer une force commune dans la région, le G5 Sahel en 2014, qui a séduit des pays de la région, avait déteint sur le Cémoc et ses activités, dont les trois autres pays étaient engagés dans la formule française.

Au point où les pays de la région, hormis l’accord de coopération militaire signé entre le Mali, le Burkina et le Niger, s’est retrouvée dépouillée, si l’on peut dire, d’un mécanisme de coopération sécuritaire. Le Cémoc, créé en 2010, avec une présidence tournante, un siège à Tamanrasset et doté de moyens conséquents, avait prouvé son efficacité notamment en matière de reconnaissance et des opérations.

Cependant, cet élan a été contrarié par le projet chimère français d’une force conjointe du Sahel, le G5 Sahel, et l’adhésion des trois autres pays du Cémoc à l’initiative française. Il était opportun que l’Algérie relance les activités du projet, d’autant plus que la région fait face à de nouveaux défis et de nouvelles menaces sécuritaires. Et que les pays du Cémoc renforcent leur coopération sécuritaire pour lutter de manière plus efficace contre les
groupes terroristes et contre la criminalité transnationale. Ainsi, Alger reprend la main et l’initiative.

D. B.