Lyes Zaïdi, membre de l’association Project’Heurts de Béjaïa : «Les ciné-clubs sont des espaces de partage importants»

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Lyes Zaïdi, membre de l'association Project'Heurts de Béjaïa : «Les ciné-clubs sont des espaces de partage importants»

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR DELLOULA MORSLI

La ministre de la culture et des arts Soraya Mouloudji a présidé la conférence nationale sur « les ciné-clubs en Algérie et leur rôle dans la diffusion de la culture du cinéma », qui a eu lieu à la cinémathèque d’Alger le 25 novembre. Parmi les participants, l’association cinématographique Project’heurts de Béjaïa, dont le ciné-club « allons voir un film » fête ses 20 ans cette année. C’est Lyes Zaïdi, membre actif de l’association depuis 2008, qui a représenté cette dernière lors de ladite conférence.

Parlez-nous de la création de votre ciné-club…

Le ciné-club « allons voir un film » a vu le jour en 2003 avec la création de l’association Project’heurts de Béjaïa. Certes, les rencontres cinématographiques de Béjaïa sont notre activité majeure, mais tout au long de l’année, nous organisons de façon hebdomadaire des projections dans le cadre de notre ciné-club.

Quel est le rôle d’un ciné-club selon vous ?

Le rôle premier d’un ciné-club, selon moi, est de se retrouver pour regarder des films et en parler par la suite. Je me rappelle quand j’étais au collège, nous parlions souvent des films qui passaient à l’ENTV le jeudi, ou encore à TF1 le dimanche, car tout le monde ou presque avait vu le même film. Aujourd’hui que nous avons une multitude de chaînes à la télévision, j’estime que les ciné-clubs sont des espaces de partage importants.

Quels sont les différents points abordés lors de la conférence ?

Nous avons discuté de plusieurs choses, le point le plus important étant sans doute la création d’un réseau de ciné-clubs de l’ensemble du territoire national au début de l’année prochaine. Un bureau technique du réseau va bientôt voir le jour au niveau de la cinémathèque d’Alger. Nous avons également parlé des visas culturels pour les films à projeter et des questions que ça soulève…. Quels sont les délais d’octroi afin que nous puissions nous organiser ? À qui s’adresser au juste, le ministère ? La direction de la culture de la wilaya ?

Des solutions ont-elles été trouvées ?

C’est en bonne voie, la ministre a été attentive à nos préoccupations. Nous avons discuté d’un potentiel cadre juridique spécifique aux ciné-clubs. Ce qui nous permettra, je l’espère, d’avoir moins de contraintes administratives et plus de liberté dans l’exercice de notre activité.

Qu’en est-il de la formation des animateurs de ciné-clubs ?

Concernant ce point, le ministère de la culture et des arts tient à accompagner les ciné-clubs dans cette démarche. Ils vont mettre en place des ateliers d’analyse filmique destinés à former les futurs animateurs des différents ciné-clubs du pays.

Vous êtes bénévole vous même, quelle est la place de ces derniers dans les cinéclubs ?

Les bénévoles sont l’âme, le cœur et le corps de notre association, que ce soit pour le ciné-club « allons voir un film » ou pour les rencontres cinématographiques de Béjaïa. Ils mettent à disposition leurs véhicules, ils s’occupent de la communication, de la manutention, de la réception des invités… C’est eux qui font tout fonctionner.

D. M