Malgré l’amélioration de son niveau de capitalisation : La bourse d’Alger en mal d’actions

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En attendant l'arrivée du CPA et de la BDL à la cote : La bourse d'Alger améliore sa capitalisation

PAR R. AKLI

Malgré une sensible amélioration de son niveau de capitalisation globale, la place boursière d’Alger, censée tenir un rôle essentiel dans la collecte de l’épargne et le financement de l’économie nationale, demeure encore peu attractive et peu efficiente, en attendant la mise en œuvre des réformes envisagées par les pouvoirs publics en vue de relancer son développement.

Dans son dernier rapport d’activité publié avant-hier, la société de gestion de la bourse des valeurs (SGBV) indique en ce sens que la capitalisation globale du marché boursier d’Alger « a progressé à la clôture de l’année 2022 pour s’établir à 67,42 milliards de dinars contre 45,64 milliards de dinars à la fin de l’année 2021 ».

Une performance qui s’explique « principalement par la hausse des cours des titres d’Alliance Assurances et de Biopharm, respectivement de 34,33% et de 63,06% » sur le même exercice, précise le même rapport.

De même, y est-il souligné, la place boursière d’Alger a également enregistré une augmentation notable de l’ordre de 203,28% de la valeur totale transigée sur le marché, c’est dire de la valeur globale des transactions boursières opérées sur l’ensemble de l’exercice écoulé, celle-ci passant ainsi de 32,87 milliards de dinars en 2021 à 99,69 milliards de dinars en 2022, essentiellement à la faveur de l’accroissement des échanges sur le marché des OAT, soit du compartiment dédié aux obligations assimilables du Trésor.

Une amélioration « qui impacte positivement les indicateurs phares de la cote officielle, qui ont clôturé dans le vert », souligne en définitive la SGBV, tout en mettant en évidence l’absence de nouvelles admissions à la bourse, « tant sur le marché des titres de capital », c’est-à-dire des actions, que sur celui des titres de créances, soit des obligations.

De fait, après près de vingt-cinq ans d’existence, la cote officielle de la bourse d’Alger ne compte actuellement que quatre titres de capital de sociétés cotées, en l’occurrence celles des groupes pharmaceutique Saidal et Biopharm, ainsi que les actions d’Alliance Assurances et de l’entreprise de gestion hôtelière El-Aurassi.

Bien qu’en légère amélioration, son niveau de capitalisation – somme des actions échangées multipliée par leurs cours cotés en bourse – demeure en définitive très marginal, tant en comparaison avec d’autres places boursières de pays d’égal niveau de développement qu’en termes d’apport au produit intérieur brut (PIB) du pays.

Pour y remédier, les pouvoirs publics entreprennent désormais de mettre en place de nécessaires mesures de réformes visant à redynamiser la place financière locale dans son ensemble, dont surtout le marché boursier d’Alger, aux fins de le rendre plus apte à drainer au moins une partie importante des fonds que brassent les circuits informels et de contribuer en même temps au financement des investissements et de l’économie nationale.

Une démarche de relance de la bourse d’Alger qui passe notamment par le lancement
annoncé en juillet dernier par la commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse (Cosob) d’une nouvelle démarche visant l’élaboration d’un nouveau dispositif réglementaire organisant et encadrant les mécanismes de fonctionnement du marché boursier.

Il s’agit en ce sens, tel que le précise cette instance, qui fait office d’autorité boursière, « de procéder à la mise à jour et à l’harmonisation des textes réglementaires relevant de sa compétence pour les adapter aux exigences actuelles et à la dynamique que connaît l’économie nationale depuis trois ans, ainsi qu’au plan d’action du gouvernement visant à diversifier l’économie nationale et ses sources de financement ».

Et à ce nécessaire toilettage des textes et dispositifs législatifs régissant le fonctionnement de la bourse, s’ajoute surtout l’ouverture attendue du capital social de deux grandes banques publiques via le marché boursier, ce qui devra permettre ainsi d’alimenter la cote officielle en nouvelles actions et de donner par-là même un nouvel élan à la place financière domestique.

R. A.