Mégaprojet de phosphate intégré : Le projet d’une ligne ferroviaire minière validé

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Avant l’entrée en exploitation du mégaprojet de phosphate intégré, à l’est du pays, prévue pour 2025, les pouvoirs publics se lancent dans une course contre la montre pour la mise en place d’infrastructures nécessaires pour le développement de ce gigantesque gisement de phosphate dans les plus brefs délais.

PAR ABDELLAH B.

En effet, après le gisement de zinc d’Oued Amizour, le conseil des ministres a abordé hier l’état d’avancement des travaux de réalisation des infrastructures connexes qui devront accompagner l’entrée en exploitation du mégaprojet de phosphate intégré dans la région est du pays.

C’est à cette occasion que la feuille de route présentée par le ministère des travaux publics concernant la réalisation d’une ligne ferroviaire de transport de produits miniers qui devra démarrer de Annaba jusqu’à Bled El-Hadba en passant par Bouchegouf, Guelma, Tébessa et Djebel El-Onk, a été adoptée.

En d’autres termes, l’entame du projet de réalisation de la ligne ferroviaire reliant le gisement aux différents sites de transformation marquera l’entrée de la deuxième phase du mégaprojet du phosphate intégré.

Cette infrastructure est d’une importance cruciale pour le développement de la filière production et de transformation de phosphate en Algérie. Elle permettra le transport de plus 10 millions de tonnes de produits miniers par an depuis le gisement de Tébessa et de Bled El-Hadba vers les ports et les sites de transformation à l’est du pays.

Le mégaprojet de phosphate intégré, dont les travaux d’extraction ont été entamés en juillet 2022, a été lancé en partenariat entre les groupes algériens Asmidal (filiale de Sonatrach) et Manadjim El-Djazair (Manal) d’une part, et les sociétés chinoises Wuhuan et Tian’an d’autre part, pour un montant d’investissement de 6 milliards de dollars.

Il englobe à la fois l’extraction de la matière première au niveau des gisements de Tébessa et de Bled El-Hadba, et la transformation de la matière première au niveau des sites à Skikda Annaba, Souk Ahras et d’autres pour une production de plus de 5 millions de tonnes d’engrais azotés, des fertilisants et d’autres produits chimiques.

Ce qui fait l’importance de ce projet, son impact sur l’économie nationale, soit en termes de création de richesses, de l’emploi ou encore en matière de fournitures de produits indispensables au développement d’un secteur clé sur lequel l’Algérie mise pour garantir sa sécurité alimentaire, à savoir le développement de l’agriculture.

En outre, l’exploitation et la transformation de la matière première en produits finis placera l’Algérie sur le marché international dans un contexte marqué par une forte demande sur ces produits.

De ce fait, l’Algérie accorde un intérêt particulier pour le développement de ce gisement dont le président de la République avait ordonné l’accélération du rythme des travaux et la levée de toutes les entraves pour son entrée en exploitation dans les plus brefs délais.

Le mégaprojet de phosphate intégré n’est pas le seul à bénéficier de l’intérêt des pouvoirs publics qui fixent le développement du secteur minier en Algérie comme un objectif à atteindre dans les années à venir, en raison de son poids à la fois économique et financier.

A. B.