Mines de phosphate de Tébessa et de zinc d’Oued Amizour : Lancement des chantiers cette année

0
3518
Métaux critiques, terres rares : l’autre carte maîtresse de l’Algérie

PAR ABDELLAH B.

Le secteur des mines se réveille de sa léthargie et s’attelle à devenir l’un des piliers de l’économie du pays dans les années à venir. La croissance de la production dans ce secteur reprend sa courbe ascendante depuis la mise en application de la stratégie nationale de développement de l’industrie minière depuis près de deux ans. Une stratégie qui est beaucoup plus axée sur le développement de projets structurants qui sont restés dans les tiroirs poussiéreux du département des mines depuis des décennies. Dans ce sens, l’année en cours connaîtra le lancement des travaux de plusieurs projets structurants dans le domaine minier, dont les plus importants sont le mégaprojet de phosphate à Tébessa et la mine de zinc d’Oued Amizour (Béjaïa).

Le premier, qui est le plus important dans le pays, est celui du projet de phosphate intégré de Tébessa dont la date d’ouverture du chantier de réalisation est prévue pour le mois d’octobre de l’année en cours. Un projet structurant, fruit d’une coopération algéro-chinoise, qui vise non seulement à booster la production du phosphate et des engrais azotés en Algérie, mais aussi à placer le pays comme l’un des acteurs majeurs sur le marché international de ces produits. Pour la mise en place de ce projet structurant, une enveloppe financière de 7 milliards de dollars a été mobilisée pour une production d’environ 6 millions de tonnes d’engrais par an. Ce projet intégré d’extraction, de transformation, de traitement et d’exportation du phosphate brut de la mine de Bled El-Hedba implique quatre
wilayas de l’est, à savoir Tébessa, Souk Ahras, Skikda et Annaba. Un projet de dédoublement de la voie ferrée entre Annaba et Tébessa a été lancé pour le transport du minerai, d’un volume de 10 millions de tonnes par an, vers les différents sites de traitement, de transformation et de production, comme il est également question de l’extension du port de Annaba pour faciliter l’exportation de ce produit vers l’étranger.

L’autre projet qui devrait voir le jour également cette année, c’est la mine de zinc d’Oued Amizour, dont la première pierre a été posée le mois de novembre 2023. Selon Arkab, le chantier de préparation de la mine est programmé pour « le mois d’avril prochain » et son exploitation est attendue pour le mois de septembre 2026. Pour un investissement global de 471 millions de dollars, l’exploitation de cette mine, considérée comme l’une des plus importantes dans le monde, permettra une production de 2 millions de tonnes par an, dont 170.000 t de zinc et 30.000 t de plomb. Pour la réalisation de ce projet structurant, une société mixte algéro-australienne Western Mediterranean Zinc (WMZ) dont le groupe public Sonarem et ses filiales détiennent 51% des actions de la société et 49% pour l’australien Terramin. Le gisement est d’une durée de vie de 19 ans, dont les trois premières années seront consacrées à l’installation de l’infrastructure nécessaire pour le fonctionnement de la mine et l’unité de traitement du minerai et sa transformation en concentré de poudre destiné à l’utilisation sur le marché national ou à l’exportation.

Outre ces deux grands projets structurants, cette année connaîtra également l’entrée en phase d’exploitation de plus de dix projets qui arrivent dans un période marquée par une croissance soutenue de la production minière. D’après les données du ministre de l’énergie et des mines liées à la croissance de la production nationale dans le domaine de l’industrie minière en 2023, la production de fer a enregistré une croissance de 5,6%, le phosphate +3%, le sel +21%, le marbre +23% et l’or +6,3%. Il s’agit entre autres des projets visant à la production de la barytine, la bentonite, l’argile, la dolomite, le gypse, la chaux, la perlite, la rhyolite, le soufre et le tuf, qui ont été lancés récemment, dont la réception est programmée pour prochainement. Des projets qui viennent renforcer la dynamique que connaît le secteur minier ces dernières années en Algérie et permettre à l’Algérie de sortir graduellement de sa dépendance aux hydrocarbures.

A. B.