Non-remise des bulletins du 1er trimestre : La grogne des parents d’élèves

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Education

/Nombre d’établissements scolaires – des cycles moyen et secondaire – à travers le pays n’ont pas remis les bulletins de note aux élèves suscitant ainsi la colère des parents qui accusent les enseignants grévistes de prendre en otage leur progéniture pour des «intérêts bassement matériels» en appelant à intervention du département de Belabed.

Pour le président de l’Organisation des parents d’élèves (ONPE), Ali Benzina, la grève cyclique de deux jours par semaine à l’appel d’un syndicat du secteur a beaucoup influé sur les résultats du premier trimestre, notamment pour les élèves des cycles moyen et secondaire. Appelé par nos soins, il a indiqué que «dans plus de la moitié des établissements à l’échelle nationale, les enseignants ont refusé de verser au sein de la plateforme numérique les notes des élèves privant ainsi ces derniers des bulletins». Cela a eu pour conséquences d’«influer psychologiquement sur les élèves et sur leurs parents», a-t-il estimé. Et d’expliquer : «L’élève attend les résultats de son travail du 1er trimestre pour savoir quoi donner lors du second trimestre et son parent pour savoir aussi comment suivre son enfant, mais, en les privant de ces notes, vous les laissez dans le doute».

«Des établissements ont carrément fermé leurs portes»

Se voulant plus convaincant, le président de l’ONPE a fait remarquer que «sur une dizaine d’enseignants, si deux font grève, les huit restants ne pourront pas comptabiliser la moyenne de l’élève» avant d’enchainer en citant des exemples. «Pour jeudi dernier, le ministère de l’Education avait prévu de recevoir les parents d’élèves pour la remise des bulletins, mais certains établissements ont chargé les gardiens de le faire. D’autres établissements ont fermé leurs portes jusqu’après la fin des vacances», a-t-il insisté. Et ce, avant de noter que ce comportement «anormal» est à l’origine de la grogne des parents, dira le président de l’Organisation des parents d’élèves, laquelle est présente dans 51 wilayas dont 45 où elle est notamment structurée.

Dans ce cadre, il a estimé que la profusion des syndicats du secteur – 27 actuellement – est l’un des problèmes qui vont à l’encontre de la stabilité du secteur de l’éducation, indiquant, par ailleurs, que pour recevoir un syndicat par jour, le ministre de la tutelle doit se mobiliser pendant presque un mois dans cette opération. Et s’il doit les rencontrer trois fois l’année, il doit s’y consacrer durant 6 mois par année.

Bons résultats du 1er trimestre

Les résultats de ce trimestre sont bien meilleurs que ceux de l’année dernière, a indiqué le président de l’ONPE, en arguant du fait que les élèves ont eu plus de temps d’enseignement que l’année dernière durant cette même période. Il y avait en ce temps-là le problème de la Covid-19 qui a  fait que l’on était à réfléchir au programme qu’on devait donner à la rentrée scolaire, et ce n’est qu’en décembre que les cours avaient démarré. Mais cette année, les cours ont commencé en octobre jusqu’à la dernière semaine de l’examen. Donc, on avait le temps suffisant pour terminer le programme. Il en veut pour preuve, les notes des élèves redoublants qui ont évolué avec les conditions d’enseignement.

Le français expliqué en langue arabe

A la question de la faiblesse des notes des matières essentielles, dont les mathématiques, notre interlocuteur n’y va pas avec le dos de la cuillère. «La plupart des enseignants des mathématiques n’ont aucun lien avec cette matière, comme en témoignent les chefs d’établissement scolaire. Par conséquent, ils n’arrivent pas à transmettre l’idée», a estimé Ali Benzina. Pis encore, «la langue française est enseignée en arabe», a-t-il lâché, en précisant que «certains enseignants expliquent le cours aux élèves dans une autre langue, qu’est l’arabe».

A. R.