Numérisation : le gouvernement s’attaque au service public

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Le ministère de l’Enseignement supérieur lance deux nouvelles plateformes numériques

PAR ZINE HADDADI

Le dossier de la numérisation du secteur de l’intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire a été sur la table du gouvernement, réuni hier sous la présidence du premier ministre Nadir Larbaoui. L’exécutif compte sur la généralisation de numérisation des services publics au niveau local pour faire en sorte d’améliorer leur qualité et avoir une administration proche du citoyen. C’est ce qui ressort du compte rendu de la réunion du gouvernement tenue, hier.

Numériser les services publics locaux pour une meilleure qualité

« Le gouvernement a entendu une communication sur la numérisation du secteur de l’intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire, portant notamment sur les projets visant la généralisation de la numérisation des services publics et l’amélioration de sa qualité pour garantir le rapprochement de l’administration du citoyen »,
pouvait-on lire dans le communiqué sanctionnant cette réunion. Les collectivités locales étant la façade de l’Etat au niveau local, il est impératif qu’elles proposent un service public de qualité. Se faire délivrer un permis de construire, bénéficier des différentes aides ou subventions et obtenir des documents d’état civil ne doit plus être une corvée pour le simple citoyen.

Donner l’image d’une administration fluide, à l’écoute du citoyen et toujours proche de lui, c’est l’intérêt recherché dans la généralisation de la numérisation. L’objectif est d’en finir avec la lourdeur des procédures administratives relatives aux services publics impactant directement le citoyen. Pour ce faire, la numérisation des services publics est indiquée comme la solution idoine. Ce n’est d’ailleurs pas le fruit du hasard si le président de la République a insisté sur ce chantier à plusieurs reprises récemment.

La numérisation : une priorité pour Tebboune

Lors du conseil des ministres qu’il a présidé le 24 décembre 2023, le chef de l’Etat avait insisté sur « l’impératif de généraliser la numérisation à tous les secteurs gouvernementaux, de manière unifiée, sous la supervision du haut commissariat à la numérisation ». Afin de suivre les étapes du chantier de la numérisation de l’ensemble des secteurs, Abdelmadjid Tebboune avait ordonné « la présentation de rapports d’étape pour le suivi du progrès réalisé, en accélérant la finalisation de toutes les phases, et ce, au vu de leur importance dans le développement de l’ensemble de l’action gouvernementale ». Plus récemment, lors du conseil des ministres du 18 février dernier, le président de la République a instruit d’accélérer, au maximum, la cadence de travail jusqu’à la numérisation totale de tous les secteurs, et ce, après avoir consulté un rapport d’étape sur l’état d’avancement du processus.

Les ministres ont d’ailleurs été appelés à accélérer la numérisation des données pour chaque secteur, en prévision de la plateforme technique et de la domiciliation des données.
Abdelmadjid Tebboune a également instruit la haut commissaire à la numérisation de fournir un exposé sur la conclusion d’un contrat avec la société Huawei pour créer un centre de stockage de données qui doit être soumis au conseil des ministres pour approbation. En plus de simplifier la procédure, la généralisation de la numérisation doit également avoir son impact sur les finances de chaque secteur. Avoir de la traçabilité permettrait un meilleur contrôle sur les dépenses. A titre d’exemple, la numérisation du secteur des œuvres universitaires a permis d’économiser d’énormes sommes d’argent. Selon le président de l’association de protection et d’orientation des consommateurs Mustapha Zebdi, les restaurants universitaires ont servi en février 2024 10 millions de repas contre 23 millions durant le même mois en 2023. Les 13 millions de repas économisés correspondent à 200 milliards de centimes, selon le président de l’Apoce.

Z. H.