Omar la fraise d’Elias Belkeddar : Un film « tarantinesque » qui ne laisse pas indifférent

0
962
Omar la fraise d'Elias Belkeddar : Un film "tarantinesque" qui ne laisse pas indifférent

PAR WAFIA SIFOUANE

Projeté dans les salles de cinéma françaises depuis hier, « Omar la Fraise », premier long métrage du jeune réalisateur Elias Belkeddar, fait beaucoup parler de lui et pour cause…

Décrit comme une comédie noire hilarante, qui relate l’histoire d’un bandit de la vieille école, Omar la fraise (Réda Kateb), qui est contraint de se ranger suite à une condamnation par contumace à vingt ans de prison par la justice française.

Et c’est en Algérie que ce truand aux cheveux gominés va devoir se réfugier en compagnie de son acolyte Roger (Benoît Magimel), un véritable tonton flingueur. Installés dans une luxueuse demeure, Omar la Fraise et Roger, indémontables, vont vouloir monter un nouveau coup, mais, seul hic, ils n’ont aucun repère à Alger, et le temps de s’y faire Omar va se trouver un job de couverture, celui de gérant d’une fabrique de gâteaux où il va
rencontrer la charmante contremaître (Meriem Amiar).

Premier long métrage pour le FrancoAlgérien Elias Belkeddar à qui l’on doit le vidéoclip du
tube planétaire « Disco Maghreb » de Dj Snake, « Omar la Fraise » a été présenté lors de la séance au 76e festival de Cannes où il a reçu beaucoup d’éloges.

Le Monde l’a même qualifié de « polar tarantinesque » en référence au génie Quentin
Tarantino, mais aussi de « friandise ».

En effet, « Omar la Fraise » a beaucoup plu par le côté désopilant de ses personnages, poussés à l’extrême, presque caricaturaux, des situations cocasses, des combats de
lascars sur fond d’amourette, mais surtout par son décor.

Tourné en Algérie, dans les quartiers de Bab ElOued et Oued Koreich, dans la cité mythique de Climat de France ou encore à Ouargla, ce film, selon Le Monde, est « morceau de
l’Algérie » qui dévoile son véritable visage et son authenticité.

Pour Le Parisien, c’est surtout le côté amusant de « Omar la Fraise » qui a fait sensation, mais le journal français a également relevé l’aspect « tarantinesque », puisqu’il le qualifie de « drôle et tendu », une combinaison complexe que seul les as du 7e art peuvent se vanter de maîtriser.

Cependant, cette histoire d’éternels voyous au cœur tendres en cavale à Alger est loin de faire l’unanimité auprès des critiques, surtout du côté algérien où le côté « tonton du bled »
d’Omar la Fraise a parfois du mal à passer ; s’ajoute à cela un cocktail de clichés auquel
nous a habitués le cinéma français.

Si certains sont allés même jusqu’à le qualifier de « mauvais nanar » et « film mineur » auquel
on reproche le manque de crédibilité de ses personnages et plein d’autres choses, d’autres,
pour leur part, sont restés sur leur réserve en relevant que « Omar la Fraise » reste une
œuvre semblable aux autres films du genre, sauf que ce dernier relate l’histoire de
deux Français en Algérie, d’où le mérite d’exister dans le paysage cinématographique.

Comme indiqué plus haut, le film est sorti en salle hier, reste à voir le retour du public, le vrai.

Pour rappel, le premier long métrage algérien de Adila Bendimerad et
Damien Ounouri, « El Akhira », est en train de cartonner dans les salles françaises pour la 6e semaine consécutive.

W. S.