Passer de 10 à 60% de récupération des eaux épurées : Le grand challenge des Step

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Passer de 10 à 60% de récupération des eaux épurées : Le grand challenge des Step

« Nous devons aller rapidement vers l’utilisation à plus grande échelle des eaux traitées dans l’irrigation agricole et l’industrie. » Telle est la principale instruction du ministre de l’hydraulique Tahar Derbal, qui s’adressait hier aux responsables du secteur à l’effet de mobiliser tous les moyens, à même d’augmenter la capacité d’épuration des eaux usées, avec pour objectif d’exploiter 60% des quantités récupérées et pouvoir faire face au stress hydrique qui dure depuis quelques années. Un impératif dicté par la protection de l’environnement, mais aussi par les changements climatiques qui imposent la prise de mesures pour la sécurité alimentaire et hydrique du pays.

PAR BRAHIM AZIEZ

Le ministre  intervenait à l’ouverture d’une journée d’études consacrée à la valorisation des eaux usées épurées pour leur utilisation dans divers domaines, dont l’agriculture, l’industrie et l’usage urbain, avec comme intitulé « expériences et perspectives ». Cadres du secteur, directeurs de wilaya des ressources en eau, ainsi que les responsables d’institutions et entreprises sous tutelle étaient sommés d’accélérer la cadence pour atteindre cet objectif.

L’occasion pour le ministre de rappeler la mise en place d’un important programme d’investissement axé sur la remise en service des stations à l’arrêt, l’augmentation des
capacités de production des stations d’épuration, l’enregistrement des opérations de
réalisation, de réhabilitation et d’extension des stations d’épuration, l’enregistrement des opérations de réalisation de nouveaux systèmes de traitement tertiaire, ainsi que la
réalisation de nouvelles stations d’épuration.

Dans son élan, Derbal révélera que de gigantesques investissements ont été lancés par l’Etat dans le domaine de l’assainissement, lesquels ont permis de réaliser 213 systèmes d’épuration (Step), d’une capacité de traitement théorique équivalente à 1 milliard de m3/an, et une capacité de traitement actuelle de 442 millions de mètres cubes par an, soit un taux de 44%. Le ministre soulignera son « importance capitale pour notre économie nationale, dans le contexte des conditions climatiques prévalant dans le monde ces dernières années et de la nouvelle orientation de l’Etat, axée sur le développement de l’agriculture pour atteindre la sécurité alimentaire et la diversification de l’industrie nationale ».

Une directive qui s’inscrit dans le prolongement des instructions données par le président de la République lors du conseil des ministres du 14 novembre dernier, ordonnant d’augmenter la capacité d’épuration des eaux usées et de leur récupération, avec pour objectif d’exploiter 60% des quantités récupérées, notant que le taux est actuellement de 10% ». Concernant la stratégie du secteur pour l’exploitation des eaux usées épurées, le
ministre réitérera son appel aux parties chargées de l’exploitation des systèmes d’assainissement à « veiller à fournir des eaux de qualité conforme à la législation et aux lois ». Une perspective qui se réalisera avec la généralisation du traitement tertiaire et la réalisation de nouvelles Step plus efficientes.

40 milliards de DA alloués

Derbal en profitera pour indiquer aux cadres de son secteur qu’une enveloppe de 40 milliards DA (43,153 milliards DA exactement, en croissance de 156% par rapport à
l’année 2023) avait été allouée pour la remise en service des systèmes d’épuration à
l’arrêt, l’extension des systèmes qui fonctionnent à plein régime, ainsi que des projets de réhabilitation des systèmes qui ont connu certaines lacunes dans leur rendement. Il convient de signaler que le programme national d’assainissement et d’épuration des eaux usées en cours de réalisation permettra de porter la capacité installée en la matière de 1 milliard à 1,5 milliard de m3 par an. C’est du moins ce qu’a affirmé le directeur de l’assainissement et de la protection contre les inondations, Assiou Charif. Ce dernier précisera qu' »en plus du parc déjà existant et mis en service, le secteur dispose d’un programme inscrit pour la réalisation de 68 systèmes épuratoires, répartis entre 43 systèmes en cours de réalisation et 25 autres en cours de procédure de lancement ».

Le responsable fera savoir qu’il était prévu la réalisation de plus de 359 km de réseau d’assainissement et de 14 stations de relevage, et de la réhabilitation de sept autres stations du même type. Actuellement, le pays dispose de 213 systèmes épurations (Step et lagunes) en fonctionnement avec une capacité de traitement de 1,031 milliard m3 par an. Assiou reconnaîtra que ce parc fonctionne actuellement à moins de 50% de ses capacités,
avec une moyenne de volume traité annuellement de 442 millions de m3, tandis que le
taux d’épuration à l’échelle nationale est de l’ordre de 44%.

Du coup, il serait question de la mise en service de 27 Step actuellement à l’arrêt, la
réhabilitation et la mise à niveau de 18 autres stations d’épuration, la réhabilitation des potences pour l’irrigation du barrage vert dans six wilayas, ainsi que l’intégration du traitement tertiaire pour la réutilisation des eaux épurées des stations à proximité des périmètres d’irrigation (GPI) pour l’agriculture et l’industrie (notamment le complexe d’El-Hadjar).

B. A.