Paternité du Caftan: Nouvelle agitation marocaine

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Caftan

Après le Couscous, le Raï et le zellige, le Maroc s’agite à nouveau pour tenter de s’opposer à l’introduction, par l’Algérie, du Caftan dans son dossier d’inscription du costume féminin de cérémonies auprès de l’Unesco.

Comme à chaque démarche qu’entreprend l’Algérie pour préserver et protéger son patrimoine, le Makhzen marocain qui fait montre depuis plusieurs décennies de sa volonté à mettre main basse sur tout le patrimoine culturel maghrébin, matériel et immatériel, s’adonne à ce sport favoris consistant à protester et à lancer des polémiques.

Ainsi, cette fois encore, le Maroc a, selon les médias espagnols dont HJCK, « déposé une réclamation auprès de l’Unesco » concernant le Caftan. « Le ministère marocain a contacté la représentations de l’Unesco à Rabat pour entreprendre les démarches nécessaires à la procédure de plainte devant le comité d’évaluation de l’Unesco », a rapporté le média espagnol précisant que « la contestation marocaine est liée à l’une des photos présentées par l’Algérie dans sa candidature ».

La photo évoquée par le Maroc n’est, à vrai dire, qu’un prétexte puisque, dans sa déclaration, le ministère marocain a fini bien par révéler ses véritables intentions. En effet, selon les propos rapportés par le média espagnol, le ministère marocain de la culture compte aller « jusqu’au bout » car, a t-il ajouté « le Maroc avait présenté, il y a un mois, sa candidature pour inscrire le caftan sur la liste du patrimoine culturel de l’Unesco ».

La messe est dite et la « peur » du Maroc s’est déclinée lorsque son représentant a affirmé que sa candidature sera examinée en 2025, sachant que le dossier de candidature de l’Algérie sera examiné en 2024, donc bien avant celui du voisin de l’Ouest.

A souligner dans ce sens que si le dossier marocain est aussi récent que son ministère de la culture le déclare, le dossier de l’Algérie, lui, a été déposé le 31 mars dernier, soit après une longue préparation qui a débuté sur le terrain depuis mai 2022. Ce qui laisse supposer que le dossier marocain aura été préparé en réaction à la candidature algérienne. Donc à la hâte.

De plus, le ministère de la culture et des arts qui s’est exprimé dans un communiqué au lendemain du dépôt du dossier algérien a montré tout le sérieux accordé à sa candidature.

En effet, le département de Mouloudji a expliqué que « les directions de la culture et des arts, les établissements culturels et muséaux sous tutelle, des experts spécialisés, des chercheurs universitaires, des artisans, des ateliers de confection et de fabrication de bijoux traditionnels et des associations de la société civile ont été mobilisés pour préparer ce dossier, avec la coordination du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) ».

Le ministère a également expliqué dans son communiqué que le dossier algérien comprend tous les éléments constitutifs du costume féminin de cérémonies et les parures associées dans le grand Est algérien (gandoura, caftan, lqat, qwiyet, elhaf, melehfa, saroual, edkhila, mandil, guenour et hzam).

C’est visiblement aussi la solidité du dossier algérien qui a provoqué la réaction du Maroc qui n’est pas, faut-il le rappeler, à son premier revers en la matière. Le dernier en date fut  l’inscription du Raï au patrimoine de l’Unesco dont le bras de fer a fini par être remporté par l’Algérie.