Plus de 90% des produits sont algériens : Le grand boom de l’industrie de transformation agricole

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Par Zine Haddadi

C’est avec une satisfaction que le président de la République a abordé, lors de son discours prononcé à la centrale syndicale mercredi 1er mai, à l’occasion de la fête des travailleurs, les avancées constatées de l’économie algérienne ces dernières années.
La machine économique algérienne est relancée et se positionne désormais comme la troisième en Afrique après l’Afrique du Sud et l’Egypte.
L’Algérie a mis en place une nouvelle stratégie qui consiste dans le développement des industries de transformation abandonnant le rôle d’acheteur de produits finis, comme cela avait été le cas par le passé.
Le domaine de l’agroalimentaire en est l’exemple éloquent. Le président de la République s’est félicité dans son discours de mercredi « des résultats exceptionnels réalisés en matière de production de transformation des produits alimentaires et agricoles ».
L’Algérien a désormais dans son assiette des produits « algériens à plus de 90% », comme l’a rappelé le président.

Des produits en grande partie locaux sur la table des Algériens 

Le chef de l’Etat a annoncé que d’ici la fin de l’année en cours, le sucre sera produit localement tout comme l’huile.
En janvier dernier, l’entreprise Tafadis, filiale du groupe Madar, spécialisée dans le raffinage du sucre, a signé un mémorandum d’entente avec le groupe américain Reasol.
Les deux parties se sont mises d’accord pour un projet intégré d’industrie sucrière en Algérie.
« L’objectif est de développer conjointement un projet intégré allant de la culture à grande échelle de la betterave sucrière jusqu’à sa transformation industrielle, afin de produire un sucre blanc 100% algérien répondant aux meilleurs standards internationaux », expliquait alors Tafadis au sujet de son partenariat avec l’entreprise américaine Reasol.
Pour ce qui est de l’huile de table, l’entrée en production de l’usine de Cevital de Béjaïa, inaugurée il y a une année par le président de la République, devrait permettre à l’Algérie d’avoir un produit 100% local à même de couvrir les besoins nationaux et de mener vers l’exportation.
Selon les chiffres donnés par les responsables de Cevital l’année dernière, l’usine de Béjaïa est dotée d’une capacité de 2 millions de tonnes par an. Elle devra triturer 11.000 t de soja/jour, 6000 t de tournesol ou 5000 t de colza.
Un autre projet de production de l’huile de table est attendu. Il s’agit du complexe Koutama Agrifood basé à Taher, dans la wilaya de Jijel, où sera produite l’huile ainsi que l’aliment de bétail. Dès son entrée en activité, ce complexe couvrira 20% des besoins du marché national en huile de table.
L’Algérie est également engagée dans un projet de production locale de lait en poudre dans la wilaya d’Adrar en partenariat avec l’opérateur qatari Baladna.
Le projet basé sur une assiette de 117.000 ha permettra de produire localement 50% des besoins nationaux en poudre de lait. Sa valeur est estimée à 3,5 milliards de dollars. 5000 postes d’emplois directs devraient être créés grâce à ce projet.
Le satisfecit du président de la République des avancées dans l’industrie de transformation agro-alimentaire est donc fondé sur des éléments concrets qui permettent d’entrevoir des perspectives intéressantes pour l’économie algérienne.

Le retour de l’industrie algérienne en bonne voie

Au-delà du domaine de l’agroalimentaire, l’Algérie a relancé sa machine industrielle dans plusieurs secteurs. Le président de la République a annoncé mercredi la production d’appareils électroménagers avec un taux avancé d’intégration locale d’ici la fin de l’année en cours.
Le secteur de la production pharmaceutique est lui aussi porteur de grandes ambitions pour l’Algérie dans le domaine de l’industrie. Le taux de couverture du marché national en produits pharmaceutiques locaux est d’environ 70%, selon les chiffres communiqués par le ministre de l’industrie, Ali Aoun, à la fin de l’année dernière.
Dans ce secteur, l’exemple de l’insuline démontre les efforts fournis par l’Algérie. La semaine dernière, Ali Aoun a assuré que près de 60% de l’insuline distribuée sur le marché national sont produits en Algérie.
L’Algérie est même passée à la phase d’exportation. Pas moins de 2,5 millions de stylos à insuline ont été exportés par le laboratoire pharmaceutique Novo Nordisk Algérie vers l’Arabie saoudite, la semaine dernière.
L’industrie automobile a fait son grand retour en Algérie ces deux dernières années. Si, pour le moment, seule l’usine Fiat est entrée en production, les autres marques devront lui emboîter le pas et franchir le cap de la production.
Pour son usine d’Oran, Fiat peut s’appuyer sur l’apport des fournisseurs locaux et internationaux en matière de pièces de rechange et de composants nécessaires à la production de voitures.
En avril dernier, Fiat a rencontré sous l’égide des autorités algériennes 90 opérateurs candidats à devenir fournisseurs en pièces de rechange et en composants.
Avec un taux de croissance de « 4,2% » et un PIB, passé de « 164 milliards de dollars en 2015 à 260 milliards de dollars à la fin 2023, réalisant ainsi un bond significatif et devant atteindre durant la période 2026-2027, 400 milliards de dollars », les signaux sont au vert pour l’économie algérienne qui peut se permettre de grandes ambitions à l’avenir.

Z.H.