Plusieurs projets de production lancés : L’Algérie s’affranchit des lobbys pharmaceutiques

0
2925
Industrie pharmaceutique: nouvelle procédure d'agrément

PAR ZINE HADDADI

L’Algérie est bien partie pour s’affranchir du poids des lobbys pharmaceutiques, longtemps décriés par le ministre de l’industrie et de la production pharmaceutique, Ali Aoun. C’est ce qui ressort des chiffres de la production nationale dans le domaine pharmaceutique, communiqués par le ministre de l’industrie hier, lors de son passage devant la commission parlementaire de la santé.

Le tissu industriel algérien en matière de production pharmaceutique est formé de 203 entreprises, dont 189 sites de production et 14 dans le domaine de la sous-traitance, a indiqué Ali Aoun. « Je suis déterminé à ce qu’il y ait une renaissance dans la production de médicaments et dans l’industrie en général. Vous avez écouté le président de la République
annoncer que l’année 2024 sera celle de l’industrie en Algérie », a déclaré Ali Aoun à la
presse à sa sortie de l’audition devant la commission de la santé de l’APN.

En chiffres, le taux de couverture du marché national en produits pharmaceutiques locaux est actuellement de 68% et devrait atteindre 70% d’ici la fin de l’année, selon le ministre de l’industrie. Ali Aoun s’est également satisfait de l’amélioration de la disponibilité des médicaments sur le marché en comparaison avec 2022. Pour cette année, les besoins nationaux sont satisfaits à hauteur de 90%, a-t-il ajouté.

Production d’insuline et de médicaments anticancéreux : les chiffres rassurants de Ali Aoun

Le ministre de l’industrie avait pointé à plusieurs reprises l’influence de lobbys pharmaceutiques étrangers qui pèsent de tout leur poids pour retarder l’établissement d’une production locale de produits pharmaceutiques, notamment pour ce qui est de l’insuline.

Ali Aoun n’a pas hésité à accuser en février dernier, à l’occasion du lancement de la commercialisation des stylos d’insuline de l’usine Biocare, un laboratoire pharmaceutique français de « dresser des obstacles » au lancement de la production d’insuline en Algérie. Le ministre avait annoncé à cette occasion que le prix de la boîte produite localement coûtait 6200 DA, tandis que celle importée coûtait 8000 DA.

Concernant l’insuline justement, Aoun a annoncé le début de la production de stylos par un groupe national en full process d’un type de produit qui coûtait chaque année pas moins de 100 millions d’euros en facture d’importation. Le ministre a également fait état du lancement de la production de l’insuline en flacon par le groupe public Saidal. Dans le même créneau, Ali Aoun a révélé que les autorisations ont été octroyées en faveur d’un groupe multinational pour le montage des stylos d’injection de l’insuline avec condition d’augmenter le taux d’intégration et de réduire les prix des intrants, ce qui permet de réduire la facture d’importation d’environ 44 millions d’euros et de faire baisser les remboursements au niveau des caisses de sécurité sociale de 17 millions d’euros.

Ali Aoun a également abordé devant les membres de la commission de la santé de l’APN la production des médicaments anticancéreux. Parmi les six projets agréés dans ce domaine en particulier, deux usines produisent actuellement les formes sèches de ce type de médicaments en full process, tandis que deux autres sont à un stade avancé de la phase d’enregistrement après avoir produit les quotas de certification en full process également.

Anesthésie dentaire : enregistrement de 4 projets de production locale

Ali Aoun est revenu sur les problèmes d’approvisionnement en produits anesthésiants dentaires qu’a connu l’Algérie ces derniers mois accusant un laboratoire étranger qui détenait le monopole du marché de vouloir imposer des prix exorbitants allant de 5 à 15 € l’unité.

Depuis, le ministère a pris les devants en ayant recours à de nouvelles sources pour approvisionner le marché afin de mettre fin à la pénurie. Le ministre de l’industrie a également livré des chiffres sur l’injection sur le marché algérien en produits anesthésiants pour la médecine dentaire. Durant les trois derniers mois, cinq millions de doses d’anesthésiant dentaire ont été introduites dans le marché ce qui porte le total à 6.850.000 doses, selon Ali Aoun.

Environ 600.000 doses seront distribuées cette semaine, tandis que 1,7 million d’unités d’anesthésiants dentaires, en cours de dédouanement, seront réceptionnées cette semaine. Ali Aoun a en outre annoncé que 950.000 doses sont en phase de contrôle et de dédouanement. Un quota supplémentaire d’un million de doses sera dédouané vers la fin du mois en cours, a-t-il indiqué.

Le ministre de l’industrie a assuré que son département œuvre pour la diversification des sources d’approvisionnement indiquant par ailleurs l’enregistrement de quatre projets de production au niveau local.

Z. H.